Hormis Jésus, David est le roi le plus important de l'histoire d'Israël. Dans l'AT, son règne représente l'apogée de la puissance et de l'influence d'Israël en tant que nation.
Deux livres de l'AT sont consacrés au règne de David : 2 Samuel et 1 Chroniques. La première partie de son histoire est racontée dans 1 Samuel, à partir du chapitre 16. Près de la moitié des psaumes bibliques lui sont attribués. David est important même dans le NT, en tant qu'ancêtre de Jésus-Christ et précurseur du roi messianique.
Sommaire
Premières années de David
Préparation à la royauté
David, le roi
Importance de David au-delà de son règne
Premières années de David
Famille
David est le plus jeune fils de la famille d'Isaï, de la tribu de Juda. Cette famille est de Bethléhem, à environ 10 kilomètres au sud de Jérusalem. Son arrière-grand-mère est Ruth, originaire du pays de Moab (Ru 4.18–22). Des généalogies dans l'AT et le NT retracent la lignée de David jusqu'à Juda, fils du patriarche Jacob (1Ch 2.3–15 ; Mt 1.3–6 ; Lc 3.31–33).
Formation et aptitudes
Peu de choses sont connues concernant la jeunesse de David. Jeune, il s'occupe des moutons de son père, risquant sa vie pour tuer ours et lions qui attaquent le troupeau. Plus tard, il reconnaît publiquement l'aide de Dieu, qui lui a donné la force de protéger les troupeaux sous sa garde (1S 17.34–37).
David est très bon musicien. Il est suffisamment doué en tant que joueur de harpe que, lorsque le roi Saül a besoin d'un musicien à la cour, David est recommandé pour le poste.
Dans la famille d'Isaï, David n'est pas considéré important. Lorsque le prophète Samuel, qui est alors connu de toute la nation, leur rend visite, tous les fils d'Isaï plus âgés que David lui sont présentés, pendant que ce dernier garde le troupeau. Dieu avait dit à Samuel d'oindre le prochain roi de parmi les fils d'Isaï, mais ne lui avait pas dit lequel à l'avance. Alors que les frères de David passent devant lui, Samuel réalise qu'aucun n'est celui que Dieu a choisi. Après s'être renseigné, il apprend qu'Isaï a un autre fils, et David est immédiatement appelé. Il est oint par Samuel et reçoit l'Esprit du Seigneur (1S 16.1–13). Si et comment le reste de la famille de David a compris tout cela n'est pas clair. Toutefois, cela ne semble pas apporter de changement immédiat à son quotidien. Il continue à garder les moutons.
Préparation à la royauté
Durant sa jeunesse, David est encore au service des autres, même après son onction en tant que roi. Alors qu'il est envoyé par son père afin d'emporter des provisions à trois de ses frères aînés qui sont dans l'armée, il se produit un événement qui le fera connaître à l'échelle nationale.
En tant que jeune homme, David aime clairement Dieu. Lorsqu'il va saluer ses frères qui sont en ligne de front, il entend Goliath, un redoutable Philistin géant, lancer un défi à l'armée d'Israël et manquer de respect à Dieu. Les frères de David essaient de le dissuader de s'en mêler et le réprimandent, mais il accepte de relever le défi de Goliath et de l'affronter en duel. Même si Goliath terrorise tous les autres, David a foi que le Dieu qui l'a aidé à vaincre le lion et l'ours l'aidera à vaincre Goliath pour l'honneur de son nom. Armé seulement de sa foi et d'une fronde, David remporte le duel et tue le géant (1S 17.12–58).
Renommée nationale
L'exploit de David contre Goliath en fait un héros pour la nation d'Israël. Cela le rapproche également de la famille royale de Saül. Cependant, son succès et sa popularité provoquent la jalousie du roi. Les femmes israélites chantent les louanges de ses exploits, mettant sa vie en danger en intensifiant la jalousie de Saül à son égard (1S 18.6–30, voir v. 6–8 en particulier).
À la cour royale
Saül promet de donner à David sa fille aînée, Mérab, comme épouse. Cependant, il revient sur sa promesse et finalement lui donne son autre fille, Mical. David doit également mériter de la marier en apportant la preuve qu'il a tué cent Philistins. Saül espère ainsi que David sera tué en essayant d'accomplir cette prouesse. Mais une fois de plus, il est victorieux (1S 18.6–30, voir à partir du v. 17 en particulier).
Entre-temps, David et Jonathan, le fils de Saül, deviennent des amis très proches. Lorsqu'ils concluent une alliance, Jonathan donne à David son meilleur équipement militaire (son épée, son arc et sa ceinture). Saül essaie de monter Jonathan contre David, mais ne réussit pas. Quand Saül essaie de faire tuer David, celui-ci doit s'enfuir et commence à vivre en fugitif.
Jonathan avertit David que son père Saül cherche toujours à le tuer. David se rend alors à Rama pour voir le prophète Samuel. Ensemble, ils partent pour Najoth, près de Rama. Saül envoie plusieurs troupes poursuivre David sans succès et finit par y aller lui-même. Toutes ses tentatives de capturer David sont contrecarrées par l'Esprit de Dieu. Saül et ses hommes sont saisis par l'Esprit, qui les fait prophétiser toute la nuit (1S 19).
Après en avoir discuté à nouveau avec Jonathan, David réalise que la jalousie de Saül s'est transformée en haine. Jonathan, conscient que David deviendra roi d'Israël, lui demande de promettre de protéger ses descendants quand il régnera (1S 20).
David, le fugitif
Quand David s'enfuit, il s'arrête à la ville de Nob. Il cache au sacrificateur Achimélec qu'il est en fuite et prétend être en mission pour le roi. Achimélec le croit et lui donne de la nourriture et l'épée de Goliath, qui avait été conservée comme trophée. Doëg, Édomite et chef des bergers de Saül, se trouve à Nob lors de cet événement. David part et se réfugie temporairement à Gath auprès du roi Akisch (1S 21), puis s'abrite dans la grotte d'Adullam, située à environ 16 kilomètres au sud-ouest de Bethléhem. Là, ses proches et environ 400 hommes de combat le rejoignent. Il se rend à Mitspé en Moab, où il obtient asile pour ses parents, puis se réfugie dans une forteresse. Le prophète Gad l'avertit de ne pas y rester et David retourne en Juda dans les bois de Héreth (1S 22.1–5).
Saül est frustré par le fait que David lui échappe constamment et accuse son propre entourage de conspirer contre lui. Alors Doëg lui rapporte ce qu'il a vu à Nob. Saül fait exécuter Achimélec et 84 autres sacrificateurs, et fait massacrer tous les habitants de Nob. Abiathar, l'un des sacrificateurs, s'échappe et rapporte tout cela à David, qui le prend sous sa protection (1S 22.6–23).
Les Philistins attaquent la ville de Keïla, qui se trouve à environ 19 kilomètres au sud-ouest de Bethléem. Quand David secourt la ville, Saül l'apprend et le poursuit. David s'échappe au désert de Ziph, une région désertique près d'Hébron. David et Jonathan s'y rencontrent pour la dernière fois. Poursuivi par les troupes de Saül, David s'enfuit encore plus au sud. Il est presque encerclé dans une région inhabitée près de Maon, mais Saül est obligé de se retirer quand il apprend que les Philistins ont commencé à envahir le pays (1S 23).
Alors qu'il est à En-Guédi, sur la rive occidentale de la mer Morte, David est encore poursuivi par Saül avec 3 000 soldats. Une occasion se présente à David de le tuer à un moment où il n'est pas protégé par ses troupes. Toutefois, David n'écoute pas ceux qui l'incitent à le faire, car il ne veut pas porter la main sur le roi d'Israël, « l'oint de l'Éternel ». Quand Saül apprend que David l'a épargné, il confesse qu'il a péché en cherchant à le tuer et abandonne la poursuite (1S 24).
Pendant tout le temps où ils étaient restés dans le désert de la région de Maon/Ziph/En-Guédi, les hommes de David avaient offert une protection aux troupeaux d'un homme de Maon nommé Nabal. C'était un homme riche avec de grands troupeaux de moutons à Carmel. Alors qu'il tient une fête, David envoie des hommes pour lui demander s'il veut bien donner de la nourriture à sa troupe. Nabal répond avec mépris, ce qui rend David furieux. Cependant, Abigaïl, femme de Nabal, vient au-devant de David et arrive à le dissuader de se venger comme il en avait l'intention. Lorsqu'elle raconte à Nabal ce qui s'est passé, il est frappé par ce qui est peut-être une crise cardiaque. Il meurt dix jours plus tard. Abigaïl devient ensuite l'épouse de David (1S 25).
Une fois de plus, Saül revient avec 3 000 hommes pour pourchasser David dans le désert de Ziph. Cette fois-ci encore, David choisit de ne pas tuer le roi alors qu'il en a l'occasion. Saül se retire alors (1S 26).
Exil chez les Philistins
David sait qu'il est en danger tant qu'il habite dans le territoire de Saül. Il retourne à Gath, en pays philistin, où il est accueilli par le roi Akisch. Il reçoit la ville de Tsiklag en cadeau, où il séjourne avec sa troupe et leurs familles environ 16 mois. Pendant qu'il y vit, de nouvelles recrues de Juda et du reste d'Israël se joignent à lui (1S 27 ; 1Ch 12.19–22).
L'armée philistine se met en marche pour aller combattre l'armée de Saül. Même si David est en bons termes avec le roi philistin Akisch, les autres chefs ne lui font pas confiance. David et ses hommes sont donc renvoyés de l'armée. De retour à Tsiklag, ils trouvent la ville pillée par les Amalécites. Les femmes et les enfants des hommes de la troupe de David ont été emmenés prisonniers. David poursuit l'ennemi, secourt les siens, récupère ses biens et partage le butin entre les combattants et ceux qui sont restés garder les bagages (1S 29–30). Pendant ce temps, les Israélites sont vaincus par les Philistins au mont Guilboa. Les Philistins tuent Jonathan et deux autres fils de Saül pendant le combat. Saül, gravement blessé, choisit de se suicider avec sa propre épée (chap. 31).
David, le roi
David règne sur Israël pendant environ 40 ans. Toutefois, les récits de son règne ne contiennent pas suffisamment d'informations pour établir une chronologie exacte de son règne. Il le commence à Hébron et gouverne la tribu de Juda pendant sept ou huit ans. À la mort d’Isch-Boscheth, le fils de Saül qui lui avait succédé, David est fait roi par toutes les tribus. Il fait de Jérusalem sa capitale. Au cours de la décennie suivante, il unifie Israël par des expansions militaires et le développement économique. La décennie qui suit est caractérisée par d'importants problèmes dans sa famille. Après cela, les dernières années de son règne semblent avoir été consacrées à planifier la construction du temple de Jérusalem, qui a lieu sous le règne de son fils Salomon.
Règne à Hébron
David est soumis à une période de préparation particulièrement exigeante avant de devenir roi. Au service de Saül, il devient un guerrier expérimenté grâce à ses exploits contre les Philistins. Pendant qu'il est fugitif et erre dans la région désertique du sud de Juda, il tisse des liens avec les propriétaires et les éleveurs de troupeaux de la région en leur offrant sa protection. Quand il devient hors-la-loi en Israël, il entretient des relations diplomatiques avec Moab et les Philistins.
David est au pays des Philistins lorsqu'il apprend la mort de Saül et de Jonathan au combat. Il compose un cantique funèbre pour leur rendre hommage (2S 1).
Guidé par Dieu, David retourne chez lui, où les chefs de Juda l'oignent roi à Hébron. Il envoie un message aux hommes de Jabès en Galaad pour les remercier d'avoir donné une digne sépulture au roi Saül. Il est possible qu'il leur ait aussi demandé leur soutien.
Israël est probablement dans la confusion suite à la mort du roi Saül. Les Philistins occupent une grande partie du pays. Des chefs rassemblent tous les hommes de combat qu'ils peuvent trouver, tandis que les anciennes loyautés tribales se réaffirment. David peut compter sur le soutien de la majeure partie de la tribu de Juda.
Une sorte de guerre civile se déclenche entre les partisans de David et ceux de la famille de Saül. David gagne l'allégeance d'un nombre croissant de personnes. Le général de Saül, Abner, finit par négocier la paix avec lui. David lui demande que Mical lui soit rendue comme épouse, peut-être pour indiquer qu'il ne nourrit aucune animosité envers la dynastie de Saül. Avec le consentement du fils de Saül, Isch-Boscheth (qu'Abner avait intronisé comme roi), Abner se rend à Hébron et promet le soutien d'Israël à David. Mais Abner est tué par Joab, un chef de guerre de David, dans une vengeance familiale. Peu après, Isch-Boscheth est également assassiné. David pleure publiquement la mort d'Abner et fait exécuter les deux assassins d'Isch-Boscheth. Ainsi, lorsque la dynastie de Saül prend fin, David devient aux yeux du peuple non pas un prétendant rival au trône, mais son successeur légitime. Il est fait roi par tout Israël peu de temps après (2S 2–4).
Le trône affermi à Jérusalem
Lorsque les Israélites font de David leur roi, les Philistins s'alarment et attaquent (2S 5 ; 1Ch 14.8–17). David réussit à les vaincre et unifie le peuple d'Israël.
Il cherche une capitale pour son royaume plus centralisée qu'Hébron. Il choisit Jérusalem, une forteresse alors aux mains de Jébusiens. Joab relève le défi d'être le premier à les battre et est nommé général de l'armée de David en récompense. Jérusalem sera désormais également connue sous le nom de « cité de David » (1Ch 11.4–9).
Tout comme David avait su organiser ses premiers partisans en une troupe militaire efficace à Hébron (1Ch 11.1–12.22), il commence maintenant à organiser toute la nation (12.23–40). Une fois établi à Jérusalem, il est reconnu comme roi d'Israël par les Phéniciens. Il passe un accord avec leur roi pour que leurs artisans construisent un magnifique palais royal à Jérusalem (14.1–2). Il s'assure aussi que Jérusalem devienne le centre religieux d'Israël (2S 6 ; 1Ch 13–16). Il tente de déplacer l'arche de l'alliance, mais cela tourne au désastre car il ne le fait pas en suivant les instructions catégoriques de la loi (voir Nb 4). Ainsi, il se fait rappeler par Dieu qu'il doit s'assurer de suivre ses commandements pour réussir.
Comme Jérusalem est maintenant bien établie en tant que capitale, David désire construire un Temple pour Dieu. Il parle de son projet au prophète Nathan, qui l'encourage. Cependant, la nuit suivante, Dieu envoie un message par l'intermédiaire du prophète pour dire à David qu'il ne construira pas le Temple lui-même. Cependant, Dieu promet à David d'établir son trône éternellement et que, contrairement à Saül, un de ses fils lui succèdera et perpétuera le royaume. Ce sera ce fils qui construira le Temple (2S 7 ; 1Ch 17).
Prospérité et suprématie
Relativement peu d'informations sont données sur la croissance du territoire sur lequel David règne. Il a commencé avec la région tribale de Juda et s'est étendu jusqu'au Nil en Égypte et aux régions de la vallée du Hiddékel-Euphrate. Rien dans l'Histoire ne contredit la perspective biblique selon laquelle David est à la tête du royaume le plus puissant au cœur du « croissant fertile » vers 1 000 av. J.‑C.
De fréquentes confrontations armées ont lieu avec les Philistins à l'ouest, jusqu'à ce qu'ils soient finalement assujettis à David et lui paient un tribut. À l'époque de Saül, les Philistins avaient le monopole de l'utilisation du fer (1S 13.19–21). Le fait que David l'utilise librement vers la fin de son règne (1Ch 22.3) montre que la situation économique d'Israël a beaucoup évolué.
Le royaume de David s'étend vers le sud quand il établit des garnisons en territoire édomite. Au-delà d'Édom, David contrôle aussi les Moabites et les Amalécites, qui lui versent un tribut en argent et en or. Au nord-est, la domination israélite s'étend sur les Ammonites et les Araméens, dont la capitale est Damas. La façon dont David traite ses amis d'une part et ses ennemis d'autre part semble avoir contribué à la puissance de son royaume (2S 8–10). C'est un brillant stratège militaire qui utilise tous les moyens et ressources disponibles pour assurer le succès d'Israël. Toutefois, il reste suffisamment humble pour donner gloire à Dieu (2S 22 ; voir Ps 18).
Les péchés de la famille royale
Une longue section du livre de 2 Samuel (chap. 11–20) raconte ouvertement les péchés, les crimes et la rébellion au sein de la famille de David. Le roi lui-même n'est pas sans reproche et n'échappe pas au jugement de Dieu pour ses propres péchés.
Le fait d'avoir de nombreuses femmes était un symbole d'importance au Proche-Orient, mais la loi l'interdisait au roi d'Israël (Dt 17.17). David a cependant eu bien des femmes. Certains de ses mariages étaient probablement politiquement motivés, comme son mariage avec Mical, fille de Saül, et avec la princesse Maaca de Gueschur.
L'inceste, le meurtre et la rébellion dans la famille de David lui occasionnent beaucoup de souffrances et lui coûtent presque le trône. David commet l'adultère avec Bath-Schéba, alors qu'il est au sommet de son succès militaire et de son expansion territoriale. Il ajoute à son péché en faisant tuer Urie, mari de Bath-Schéba. David s'est alors clairement éloigné de Dieu. Cependant, lorsqu'il est repris par le prophète Nathan pour ces péchés, il reconnaît sa culpabilité. Il confesse son péché et implore le pardon de Dieu (voir les Ps 32 et 51). Dieu lui pardonne, mais pendant près de dix ans, David endurera les conséquences de ce péché ainsi que de son incapacité à punir les péchés graves de ses fils. Bien que sans égal concernant la guerre et la diplomatie, David manque de force de caractère dans ses affaires domestiques. Le mal a pris racine dans sa propre maison. L'indulgence excessive de David en tant que père permet le viol de sa fille Tamar par l'inceste de son fils Amnon, qui est ensuite assassiné par leur frère, Absalom.
Après avoir tué Amnon, Absalom s'enfuit et se réfugie pendant trois ans à Gueschur, chez le peuple de sa mère. Joab, général de David, réussit finalement à réconcilier Absalom avec son père. Cependant, Absalom se met à éloigner le peuple de David et à s'en faire des partisans. Après un certain temps, il passe à l'action et organise une conspiration. Il se fait proclamer roi à Hébron. Cette conspiration est tellement forte que David doit fuir Jérusalem. David, toujours un maître stratège, utilise une ruse pour gagner du temps et organiser ses forces afin de réprimer la rébellion de son fils. Absalom est tué dans la bataille qui suit. David, qui n'a pas souhaité sa mort, est dévasté par le chagrin.
De retour à Jérusalem, il doit s'employer à réparer les dommages causés par la révolte d'Absalom. Juda, sa propre tribu, a soutenu Absalom. Une autre rébellion, organisée par Schéba, de la tribu de Benjamin, doit être réprimée par Joab pour restabiliser la nation.
Les dernières années de David
Dieu avait dit à David que ce serait son fils, et non lui, qui construirait le Temple à Jérusalem. Dans les dernières années de son règne, David fait des préparatifs considérables pour l'aider dans ce projet. Il accumule des matériaux de construction et prend des dispositions pour organiser la main-d'œuvre et répartir les tâches entre Israélites et étrangers. Il organise aussi le fonctionnement du futur temple et met en place des sacrificateurs et des Lévites pour diriger les louanges d'Israël (1Ch 21–29).
L'organisation militaire et civique développée par David a probablement été inspirée des pratiques égyptiennes. L'armée, fermement sous le contrôle d'officiers loyaux au roi, inclut des mercenaires. Le roi nomme aussi des intendants de confiance pour gérer les cultures, les troupeaux et les vergers dans différentes parties de son empire (1Ch 27.25–31).
David effectue un recensement d'Israël, qui semble ne pas avoir été complètement terminé (2 S 24 ; 1Ch 21). Le récit montre que cette décision est un péché aux yeux de Dieu mais n'explique pas tout, notamment pourquoi celui-ci choisit de punir David comme il le fait. Le roi ignore les objections de Joab et insiste pour faire effectuer ce recensement. David semble prendre conscience trop tard de son péché. Peut-être a-t-il été poussé, par orgueil, à vouloir déterminer sa force militaire avec exactitude (environ 1,5 million d'hommes). Il est possible que le jugement de Dieu qui a suivi et qui a fait mourir beaucoup des gens du peuple a aussi été une façon de punir le soutien qu'ils avaient donné aux rébellions d'Absalom et de Schéba.
Par l'intermédiaire du prophète Gad, Dieu donne à David le choix entre plusieurs châtiments pour son péché. David choisit une plaie qui doit sévir pendant trois jours. Alors que David et les anciens s'humilient en signe de repentance, ils voient l'ange destructeur à l'aire de battage d'Ornan le Jébusien (appelé également Aravna), non loin de Jérusalem. David y offre un sacrifice et intercède pour son peuple. Plus tard, il achète cette aire de battage, située juste à l'extérieur de la ville, pour en faire le site où son fils Salomon construira le Temple (1Ch 21.28–22.1).
Importance de David au-delà de son règne
David, l'auteur de psaumes
Le livre des Psaumes de l'AT est devenu l'un des livres bibliques les plus populaires tant dans la période biblique qu'à travers des siècles depuis. Les paroles de prière et de louange composées par David étaient destinées à être utilisées au Temple pour l'adoration et les occasions spéciales (2Ch 29.30). Les 73 psaumes attribués à David tirent principalement leur origine de sa propre relation avec Dieu et avec les autres. David est probablement celui qui a rassemblé en collections le Livre I des Psaumes (Psaumes 1–41) ainsi que le Livre IV des Psaumes (Psaumes 90–106), puisque c'est lui qui est l'auteur de la plupart de ces psaumes. D'autres psaumes de David (Ps 51–71) se trouvent dans le Livre II (Psaumes 42–72), dont la collection a probablement été rassemblée par Salomon. Comme ces psaumes ont été utilisés pour l'adoration par les générations suivantes, d'autres psaumes ont été ajoutés au livre jusqu'à l'époque d'Esdras.
Les psaumes de David ont été la source principale des paroles poétiques mises en musique comme cantiques d'adoration pour Israël. Le système d'organisation du culte, du rôle des sacrificateurs et des Lévites, ainsi que les instruments fournis par David (2Ch 7.6 ; 8.14) ont établi le modèle de la vie religieuse des générations d'Israël qui ont suivi.
David dans les écrits des prophètes
David est considéré comme le plus grand roi israélite et est souvent pris comme une référence par excellence dans les écrits des prophètes de l'AT. Ésaïe (p. ex. Es 7.2, 13 ; 22.22) et Jérémie décrivent souvent leurs rois contemporains comme appartenant à la « maison » ou étant sur le « trône » de David. Il est souvent mis en contraste avec certains de ses descendants, qui sont infidèles à Dieu. Les deux prophètes prédisent qu'un chef messianique établira un jour, et pour toujours, la justice et la droiture sur le trône de David (Es 9.6 ; Jr 33.15). Lorsque le prophète Ésaïe décrit ce chef à venir, il dit qu'il sera de la lignée d'Isaï, le père de David (Es 11.1–10). Une paix universelle viendra et sera centrée sur « Sion », la ville de David (2.1–4).
Ézéchiel prophétise aussi la restauration de David en tant que roi dans un sens eschatologique et messianique (Ez 37.24–25) et de « mon serviteur David » comme berger d'Israël (34.23). Osée parle également de ce futur chef comme le roi David (Os 3.5). Amos assure au peuple que Dieu restaurera le « tabernacle » de David (Am 9.11) afin qu'ils puissent à nouveau habiter en sécurité. Zacharie mentionne cinq fois la « maison de David » dans les prophéties des chapitres 12–13, qui encouragent l'espérance d'une restauration de sa glorieuse dynastie. Ainsi, le trône éternel promis à David pendant son règne est davantage expliqué par les prophètes. Tout en annonçant des jugements à venir sur les chefs et le peuple de leur temps, ils rappellent aussi la promesse messianique de Dieu.
David dans le Nouveau Testament
David est souvent mentionné par les auteurs des Évangiles. Jésus est clairement désigné comme le « Fils de David ». L'alliance de Dieu conclue avec David était qu'un roi éternel viendrait de sa famille (Mt 1.1 ; 9.27 ; 12.23 ; Mc 10.48 ; 12.35 ; Lc 18.38–39 ; 20.41). Selon Marc 11.10 et Jean 7.42, les Juifs du temps de Jésus l'avaient compris et s'attendaient à ce que le Messie (le Christ) soit un descendant de David. Les Évangiles affirment que Jésus est à la fois Fils de David et Fils de Dieu (Mt 22.41–45 ; Mc 12.35–37 ; Lc 20.41–44).
Dans Actes, David est présenté comme celui par qui Dieu avait annoncé et promis ce qui s'est ensuite réalisé en Jésus-Christ. David est reconnu comme prophète inspiré par le Saint-Esprit dans les psaumes (Ac 1.16 ; 2.22–36 ; 4.25 ; 13.26–39).
Dans Apocalypse, Jésus est décrit comme celui qui a la « clef de David » (Ap 3.7) et comme « le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » (5.5). Jésus lui-même déclare : « Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin » (22.16).
Voir aussi christologie ; chronologie de la Bible (Ancien Testament) ; Israël (histoire) ; roi ; royaume de Dieu, royaume des Cieux ; Messie.