couleur

L'Ancien Testament (AT) et le Nouveau Testament (NT) n'utilisent pas de mot qui signifie « couleur », même si ce terme apparaît plusieurs fois dans nos Bibles françaises (p. ex. 15 fois dans la Louis Segond). Le mot « couleur » est parfois pourvu pour la compréhension du texte en français. Quand il s'agit de la traduction d'un mot spécifique, le mot en question a une signification différente dans la langue originale. En effet, la coloration d'une chose est souvent communiquée par d'autres termes. De plus, la couleur d'une chose peut également être communiquée avec d'autres termes que le mot « couleur » ou des couleurs spécifiques.

L'un de ces termes qui peut suggérer une apparence colorée est souvent traduit par « apparence », « aspect », « éclat » ou même « étincelant » (Lv 13.55 ; Nb 11.7 ; Pr 23.31 ; Ez 1.4, 7, 16, 22, 27 ; 8.2 ; 10.9 ; Dn 10.6). Le mot traduit « changer de couleur » dans Daniel 5.6–10 ; 7.28 signifie « rayonnement » ou « splendeur ». Ce mot est utilisé dans une expression idiomatique pour décrire l'apparence du visage.

Un autre mot désigne habituellement une broderie ou un bel ouvrage tissé de couleurs variées, comme par exemple dans Proverbes 7.16. Ce mot peut être traduit par « multicolore » (Traduction Officielle Liturgique), « de couleurs variées » (Darby), « bigarré » (Bible Annotée), « coloré » (Bible Juive) ou « de toutes couleurs » (Parole de Vie). Comme le terme « mosaïque » en français, le mot hébreu dont il est question ne signifie pas de coloration en soit, mais selon le contexte, il sera compris qu'il y a coloration. Par exemple, c'est le terme employé pour décrire la beauté du plumage de l'aigle (Ez 17.3 « de toutes couleurs ») ou la beauté de pierres précieuses ou semi-précieuses (1Ch 29.2). Les cuirasses (armures de poitrine) peuvent également être décrites comme telles (« cuirasses couleur de feu, d'hyacinthe, et de soufre », Ap 9.17). La « tunique de plusieurs couleurs » de Joseph (Gn 37.3) et de de Tamar (2S 13.18–19) étaient soit des robes à manches longues, soit des tuniques richement ornées servant à signaler un statut privilégié.

De nombreuses couleurs sont mentionnées dans la Bible, mais elles ne sont pas particulièrement mises en avant. Les couleurs naturelles sont rarement mentionnées dans les descriptions. Les couleurs qui sont mentionnées fréquemment et qui sont le plus soigneusement différenciées sont les colorants de fabrication artisanale et particulièrement les teintures utilisées pour les tissus.

Couleurs mentionnées dans la Bible

Les Hébreux différenciaient entre les couleurs différemment de la culture occidentale, ce qui rend parfois difficile la traduction précise de certains mots hébreux désignant les couleurs. Par conséquent, il y a souvent des différences de traduction dans les Bibles françaises (p. ex. rouge, pourpre, cramoisi ou écarlate). Sauf indication contraire, cet article reflétera les choix de traduction de la Louis Segond 1910.

Les couleurs mentionnées le plus souvent dans l'AT et le NT sont le blanc, le bleu, le noir, le rouge et le vert.

Blanc

Plusieurs mots bibliques se traduisent par la couleur blanche. Il s'agit le plus souvent de la couleur naturelle de chèvres (Gn 30.35), de cheveux (Lv 13.10 ; Mt 5.36 ; Ap 1.14), d'infection de la peau (Ex 4.6 ; Lv 13.4, 17), de la manne (Ex 16.31), de la neige (2R 5.27), du lait et des dents (Gn 49.12), de chevaux (Za 1.8 ; 6.3 ; Ap 6.2 ; 19.11), d'ânesses (Jg 5.10), de laine (Ez 27.18), d'une pierre particulière (Ap 2.17), de la lumière (Mt 17.2), de nuages (Ap 14.14) et enfin de champs prêts pour la moisson (Jn 4.35). D'autres objets blancs mentionnés dans la Bible : des rideaux ou tentures (Est 1.6), des vêtements (Est 8.15 ; Ec 9.8 ; Dn 7.9 ; Mc 16.5 ; Ap 3.5, 18 ; 4.4), des habits d'anges (Jn 20.12 ; Ac 1.10) et un trône (Ap 20.11). Le blanc est utilisé au sens figuré pour décrire la purification du péché (Ps 51.7 ; Es 1.18 ; Dn 12.10) et l'apparence de princes (Lm 4.7).

Le blanc est également souvent mentionné dans l'AT pour décrire la vieillesse, particulièrement les cheveux blancs d'une personne âgée (Gn 42.38 ; 44.29–31 ; Dt 32.25 ; 1S 12.2 ; 1R 2.6, 9 ; Jb 15.10 ; Ps 71.18 ;  Es 46.4). Ce terme est souvent rendu « gris » dans les versions anglaises, mais rarement dans certaines versions françaises (voir cependant Pr 20.29 dans la Traduction Œcuménique de la Bible et Os 7.9 dans la Darby). Le mot hébreu qui est utilisé pour décrire les chevaux « gris pommelés » (Za 6.3 dans la Septante de Giguet) signifie probablement « tachetés » ou « mouchetés ».

Bleu

Le bleu biblique correspond probablement à une teinture bleue-violette qui était extraite de mollusques méditerranéens. Couleur populaire, elle était cependant moins prisée dans l'Antiquité que le pourpre « royal ». Les deux teintures étaient produites à Tyr, qui à une époque avait le monopole de la fabrication des teintures bleues et pourpres (2Ch 2.7, 14 ; Ez 27.24). Les navires de Tyr avaient des tentures de bleu et de pourpre (Ez 27.7). Le bleu est utilisé pour les textiles qui ont servi à la construction du tabernacle (Ex 26.1 ; Nb 4.6–9), pour les vêtements des sacrificateurs (Ex 28.5–6), pour les étoffes du temple de Salomon (2Ch 2.7, 14) et pour les étoffes de la cour perse (Est 1.6 ; 8.15). Le bleu n'est pas mentionné dans le NT.

Noir

Cinq mots dans l'AT et un dans le NT se traduisent par « noir ». Dans les versions françaises, ces mots sont souvent traduits par « obscurité », « sombre(s) » ou « ténèbres ». Il s'agit d'une nuance plus que d'une couleur ; en effet, ils expriment différents degrés de noirceur ou d'obscurité. Ces mots décrivent la couleur d'agneaux (Gn 30.32–33, 35, 40), de poils ou de cheveux (Lv 13.31, 37 ; Ct 5.11 ; Mt 5.36), de la peau (Jb 30.30), de chevaux (Za 6.2, 6 ; Ap 6.5), du ciel (1R 18.45 ; Es 50.3 ; Jr 4.28), du jour (Jb 3.5 ; Mi 3.6) et du soleil obscurci (Ap 6.12). La « noirceur » de Job (Jb 30.28) est interprété par certains comme le résultat de la maladie ou de la tristesse.

Rouge

Plusieurs teintes qui correspondent plus ou moins à notre rouge actuel sont mentionnées dans la Bible.

Le mot « cramoisi » traduit trois mots hébreux différents. Cette couleur rouge aux nuances variées était obtenue d'insectes. Le mot décrit la couleur de tissus dans le temple de Salomon (2Ch 2.7, 14 ; 3.14), et pourrait souligner le fait que ces couleurs pouvaient être « éclatantes » (« habits éclatants », Es 63.1). Ce mot décrit le péché au sens figuré (Es 1.18).

La pourpre était la teinture la plus prisée dans le monde antique. Sa couleur pouvait varier du violet jusqu'au rouge. Elle était obtenue à partir de mollusques de la classe des gastropodes. Les Phéniciens ont peut-être été les premiers à utiliser cette teinture. Le mot « phénicien » lui-même pourrait provenir d'un mot grec qui signifie « rouge sang ». Quoi qu'il en soit, les Phéniciens ont longtemps exercé un monopole sur la fabrication de la teinture pourpre. Dans la Bible, des tissus et textiles sont décrits comme étant pourpres : ceux utilisés dans la fabrication du tabernacle (Ex 25.4 ; 26.1), des habits des sacrificateurs (28.5–8, 15, 33), du temple de Salomon (2Ch 2.7), du siège du char de Salomon (Ct 3.10) et des ornements de la cour perse (Est 1.6). La couleur pourpre était habituellement portée par les personnes riches ou prospères et par la royauté (Jg 8.26 ; Pr 31.22 ; Dn 5.7). Mardochée reçoit pour récompense un vêtement de pourpre (Est 8.15) ainsi que Daniel (Dn 5.29). Des soldats assyriens sont décrits comme revêtus de pourpre (Ez 23.6, voir par exemple la Bible Officielle Liturgique et la Bible Annotée). Leurs idoles sont ainsi décrites également (Jr 10.9). La beauté de Tyr comprenait ses tentures bleues et pourpres (Ez 27.7). Mention est faite du commerce de Tyr en pourpre dont la Syrie était cliente (v. 16). Le terme est utilisé une fois pour exprimer la beauté des cheveux de la Sunamite (Ct 7.5).

Il y a moins de références à la pourpre dans le NT, mais celles-ci confirment qu'elle continuait à être importante comme produit de commerce et teinture. Les vêtements pourpres sont synonymes de richesse (Lc 16.19). Jésus est vêtu de pourpre par les soldats romains qui se moquent de lui (Mc 15.17, 20 ; Jn 19.2, 5 ; voir aussi Mt 27.28, « écarlate »). La parure pourpre et écarlate de Babylone la prostituée symbolise son opulence et sa royauté (Ap 17.4). Lydie de Thyatire, une chrétienne, était marchande de pourpre (Ac 16.14).

Dans la Bible, la couleur rouge (dans certains contextes, traduit par « roux/rousse ») est fréquemment mentionnée en tant que couleur naturelle : de poils (Gn 25.25), d'un potage (v. 30), des yeux (49.12, quoique le mot utilisé ici pourrait signifier « étincelant » ou « sombre »), de la vache sacrificielle (Nb 19.2), de l'eau comparée à du sang (2R 3.22), du vin (Pr 23.31), des yeux de celui qui boit du vin (v. 29), de vêtements (Es 63.2), de boucliers (Na 2.3), et de chevaux (Za 1.8 ; 6.2). Le rouge est aussi utilisé au sens figuré pour décrire le péché (Es 1.18).

Des décolorations de la peau ou d'un mur suite à une infection sont décrites comme de couleur rougeâtre (Lv 13.49, 19, 24, 42–43 ; 14.37).

La mer Rouge est mentionnée fréquemment dans l'AT (Ex 10.19 ; 15.4). Dans l'hébreu, elle est en fait appelée « mer des Roseaux ». Toutefois, elle est bel et bien appelée « mer Rouge » dans le NT (Ac 7.36 ; Hé 11.29).

Dans le NT, le rouge décrit la couleur du ciel dans certaines circonstances (Mt 16.2–3), un cheval (« roux », Ap 6.4) et un dragon (12.3).

La teinte écarlate est rouge brillante et obtenue à partir d'insectes. Elle aussi était utilisée pour teindre les textiles et les fils. Elle était très prisée dans le monde antique (Ap 18.12). Cependant, il est souvent difficile de déterminer si certains mots bibliques signifient « écarlate » ou « cramoisi ». La couleur mentionnée dans les passages suivants pourrait être écarlate, bien que presque toujours traduite « cramoisi » dans la Louis Segond : le fil attaché à la main de Zérach à sa naissance (Gn 38.28, 30), la couleur de certains textiles du tabernacle (Ex 25.4 ; 26.1, 31, 36 ; 27.16), de l'habit des sacrificateurs (28.5–8, 15, 33), de la corde utilisée par Rahab (Jos 2.18, 21), de la couleur de vêtements (2S 1.24 ; Pr 31.21 ; Jr 4.30), de lèvres (Ct 4.3) et d'uniformes de soldats (Na 2.3). Elle fait partie des couleurs symboliques utilisées lors de l'aspersion du sang de ratification de l'alliance au Sinaï (Hé 9.19), lors de la purification des lépreux (Lv 14.4–6) et lors de la purification de maisons infectées (v. 49–52). L'écarlate est peut-être signifiée au lieu de cramoisi concernant la couleur de la couverture des objets sur la table des pains de proposition (Nb 4.8) et lors du rituel de la vache rousse (19.6).

Selon Matthieu, le manteau mis sur Jésus lors de son procès était écarlate (Mt 27.28). La femme qui représente Babylone dans Apocalypse 17.3–4 était vêtue de pourpre et d'écarlate et assise sur une bête écarlate. Le fait de décrire ses vêtements comme pourpres et écarlates pourrait être une allusion à l'opulence de Rome (Ap 18.16). L'écarlate est aussi peut-être en vue dans Ésaïe 1.18 pour décrire le péché au sens figuré (Es 1.18).

Vert

Sept mots de l'AT et deux du NT sont traduits par « vert » (ou encore « (re)verdir », « verdure » ou « verdoyant »). La plupart de ces mots servent à décrire la végétation et décrivent plus la fraîcheur ou l'humidité relative des plantes que leur couleur. Dans la Bible, la couleur verte décrit des plantes (Gn 1.30), des arbres (1R 14.23), des branches (Jb 15.32), des pâturages (Ps 23.2 ; Jl 2.22), l'herbe (Ps 37.2 ; Mc 6.39 ; Ap 8.7), des oliviers (Ps 52.8 ; Jr 11.16), des épines (Ps 58.9), du feuillage (Jr 17.8) et du bois (Lc 23.31). En plus de diverses plantes, un lit (Ct 1.16) et le juste (Ps 92.14) sont également décrits comme verdoyants ou comme de la verdure. C'est sous « tout arbre vert » que de nombreux cultes idolâtres étaient tenus (Dt 12.2 ; 2R 16.4 ; Es 57.5 ; Jr 2.20 ; Ez 6.13). Toutefois, le mot ainsi traduit décrit en fait les feuilles de ces arbres plutôt que leur couleur.

Un autre terme est traduit « verdâtre ». Il dérive d'un des mots de l'AT qui signifie « vert » et est utilisé pour décrire la couleur de moisissures sur la peau, sur des vêtements ou sur des murs (Lv 13.49 ; 14.37).

Voir aussi tissu et fabrication de tissu ; teinture, teindre, teinturier.

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (172)