Cœur

Organe vital du corps ; siège de l'homme intérieur.

En hébreu et en grec, le mot « cœur » est utilisé pour désigner un organe physique ainsi que l'homme intérieur. Le mot traduit « cœur » (leb en hébreu et kardia en grec) apparaît environ 1 000 fois dans la Bible. Le sens du mot dans la Bible peut beaucoup varier selon le contexte.

Le cœur physique

1 Samuel 25.37–39 indique de façon implicite qu'un cœur qui bat est signe de vie, même si Nabal ne meurt pas tout de suite. Les aliments et le vin affectent le cœur (Jg 19.5 ; Ps 104.15 ; Ac 14.17). Le cœur peut « défaillir » et « trembler ». Du fait de sa position dans le corps, le cœur sert de métaphore pour désigner le centre ou l'intérieur (LSG « dans le sein de » Mt 12.40).

Le cœur psychologique

Le cœur a un rôle dans la perception intellectuelle (p. ex. « prendre à cœur » dans Jr 12.11, DBY) ; le cœur comprend (Jn 12.40), discerne (1R 3.9), délibère (Mc 2.6), médite (Lc 2.19), se rappelle (Lc 2.51), formule des pensées (Dt 8.17), imagine (Lc 1.51), peut faire preuve de sagesse (Ec 1.17), renferme des compétences (Ex 28.3) et bien plus encore.

Dans le domaine des émotions, le cœur peut être gai dans l'ivresse (1S 25.36), joyeux lors de réjouissances (Es 30.29), heureux (Jn 16.22), triste (Né 2.2), angoissé (Rm 9.2), lourd (Pr 14.10), inquiet (1S 4.13), désespéré (Ec 2.20), attaché (2S 14.1), confiant (Ps 112.7), affectueux (2Co 7.3) ; le cœur peut aussi avoir des désirs sensuels (Mt 5.28), être insensible (Mc 3.5), avoir de la haine (Lv 19.17), de la crainte (Gn 42.28), un zèle amer (Jc 3.14), de la sollicitude (Rm 10.1) ; le cœur peut se décourager (Nb 32.9), éprouver de la compassion (Ex 23.9), de la colère (Dt 19.6), de l'indécision (2Ch 13.7) et bien plus encore.

En ce qui concerne la volition, le cœur peut avoir des desseins (1Co 4.5), être enclin (1S 14.7), être motivé (2R 12.4 ; comp. avec Pr 4.23), être ferme (Ac 11.23), être bien disposé (Ex 35.22), concevoir le mal (Ac 5.4) ou être dirigé par son « trésor » (Mt 6.21).

En ce qui concerne le caractère moral, le cœur peut être doux et humble (Mt 11.29), saint (1Th 3.13), fidèle (Né 9.8), droit (Ps 97.11), pur (Jc 4.8) ou purifié (Ac 15.8), aimant envers Dieu (Mc 12.30) et envers les autres (1P 1.22), endurci ou sensible (Ez 11.19). La Bible insiste sur le fait que le cœur est rempli de mal (Gn 6.5 entre autres), car il se trompe lui-même (Jc 1.26), est tortueux (Jr 17.9), peut être avare (Mt 6.19–21), sensuel (Mt 5.28), arrogant (Es 9.9), rebelle à Dieu (Ac 7.51), pervers (Ps 101.4) et impénitent (Rm 2.5). Rien ne souille un homme plus que son propre cœur (Mc 7.18–19).

Pourtant, du cœur peut venir le bien (Lc 6.45 ; 8.15). Même quand il est frustré par les circonstances ou par la peur, la bonne intention du cœur reste bonne et sa mauvaise intention, mauvaise (1R 8.18 ; Mt 5.28).

À cause de cette complexité, le cœur d'une personne est malheureusement divisé, et l'Écriture loue souvent un cœur pur, bien disposé, et plein de foi (Gn 20.5 ; Ps 86.11 ; Ac 8.37). Le « cœur » signifie la totalité de l'être intérieur (1P 3.4), avec lequel l'individu est en communion et qui se révèle dans la prière, les paroles et les actes (Ps 62.8 ; Mt 15.18–19). Le cœur est en fait qui l'individu est vraiment, par contraste aux apparences, à la position sociale et la présence physique (1S 16.7 ; 2Co 5.12 ; 1Th 2.17). Le cœur (c'est-à-dire la personne qu'il représente réellement) a sa propre nature, son propre caractère et ses propres dispositions (Dn 4.16 ; 7.4 ; voir Mt 12.33–37).

Le cœur spirituel

Le cœur est particulièrement important dans la religion biblique. Les mystères cachés du cœur de l'individu sont à découvert devant Dieu et le Christ (Jr 17.10 ; Lc 9.47 ; Rm 8.27), et c'est dans le cœur que siège la connaissance de Dieu (2Co 4.6). La condition du cœur détermine comment l'individu voit Dieu (Mt 5.8). C'est à partir du cœur qu'une personne peut parler à Dieu (Ps 27.8). Le cœur est aussi là où Dieu peut résider en l'homme (2Co 1.22 ; Ga 4.6 ; Ep 3.17).

Cependant, le mal qui est dans le cœur est considéré, du point de vue biblique, comme un péché contre Dieu. Les cœurs insensés sont obscurcis, souvent secrètement idolâtres, éloignés de Dieu, et ne sont pas droits devant lui (Dt 29.18–19 ; Mt 15.8 ; Ac 8.21 ; Rm 1.21). Pourtant, le Seigneur ne méprise pas un cœur « brisé et contrit » (Ps 51.17). Quand le cœur de quelqu'un se tourne vers Dieu, il promet de le rendre sensible aux choses spirituelles, de le renouveler et de le purifier (Dt 4.29 ; 2R 23.25 ; Ps 51.10 ; Jl 2.13 ; Ez 36.25–27). Dieu inscrit alors sa loi dans ce cœur pour le guider et l'inciter à ses voies (Jr 31.33 ; Hé 8.10 ; voir 2Co 3.2–3).

En termes chrétiens, cette transformation implique de croire à l'Évangile avec un « cœur honnête et bon » qui se montre un sol fertile pour la Parole de Dieu (Lc 8.15 ; Rm 10.9). Un cœur qui est vrai s'approche de Dieu, l'aime de toute sa pensée, de toutes ses émotions et de toute sa volonté (Lc 10.27 ; Hé 10.22). Alors Dieu donne la force, la récompense, le renouveau, la grâce, la paix et la joie au cœur (Ps 73.26 ; Es 57.15 ; Ac 2.46 ; Ph 4.7 ; Hé 13.9). Ainsi, l'idéal ancien redevient possible, celui d'être « un homme selon son cœur », le cœur de Dieu (1S 13.14 ; Ac 13.22).

Tiré du Dictionnaire biblique Tyndale, adapté par Mission Mutual. CC BY-SA 4.0.

Références Bibliques (109)

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