L'étude de l'histoire humaine ancienne se fait à travers la récupération et l'examen des vestiges physiques. L'archéologie biblique se concentre sur les objets et structures trouvés au Proche-Orient (Moyen-Orient) qui se rapportent à la Bible. Ces vestiges incluent des artefacts enfouis (objets anciens), des ruines et des monuments. Certains de ces artefacts portent des inscriptions (écrits) en langues anciennes. Les chercheurs doivent étudier attentivement ces inscriptions pour les comprendre. D'autres objets incluent des éléments du quotidien comme de la poterie cassée, du bois brûlé, des jouets et des outils. Tous ces éléments doivent être compris dans le contexte de la période historique dont ils proviennent.
Découvertes en archéologie
De nombreuses découvertes archéologiques importantes ont eu lieu par accident. C'est un agriculteur en Syrie qui a découvert l'ancienne ville d'Ougarit en labourant, par exemple. Un Bédouin, à la recherche d'une chèvre perdue, a découvert les manuscrits de la mer Morte dans une grotte. En 1887, une Égyptienne a trouvé les tablettes d'Amarna en cherchant des briques à utiliser comme engrais. En 1945, des Égyptiens, à la recherche de fientes d'oiseaux près de Nag Hammadi, ont trouvé d'importants manuscrits gnostiques. Cependant, les découvertes accidentelles ne remplacent pas les enquêtes archéologiques systématiques et minutieuses.
Aujourd'hui, les archéologues examinent attentivement les sites potentiels en utilisant la photographie aérienne et l'équipement électronique. Ces méthodes servent à détecter des objets souterrains. Les artefacts sont datés en fonction de la couche de terre où ils ont été trouvés et d'autres méthodes, comme la datation au radiocarbone ; l'objectif étant de créer une chronologie qui reflète avec précision l'histoire des artefacts et du site lui-même.
Le Rôle de l'archéologie dans la compréhension de la Bible
Les archéologues et les chercheurs considèrent ces artefacts comme des preuves concrètes et factuelles de la vie humaine passée. Bien qu'il puisse y avoir différentes opinions sur la manière de les interpréter, ces objets demeurent des témoins directs de l'histoire. Il est important de comprendre ces objets d'une époque antérieure comme des preuves et de ne pas les manipuler pour les adapter à des théories personnelles sur l'histoire, la culture ou la religion. L'archéologie du Proche-Orient nous aide à comprendre la Bible en fournissant des éléments de contexte objectifs.
Ainsi, si un artefact doté d'inscriptions est daté d'environ 3 000 av. J.‑C., cela démontre que l'écriture existait déjà à cette époque. Cela signifie que les premiers auteurs de l'Ancien Testament auraient donc pu écrire les histoires qui leur sont attribuées. Les découvertes archéologiques ont démontré que Moïse, l'auteur traditionnel des cinq premiers livres de la Bible, aurait pu écrire :
En hiéroglyphes égyptiens,
En écriture cunéiforme babylonienne, et
En dialectes cananéens, y compris en hébreu.
Toute théorie sur la Bible qui ignore de telles preuves risque d'être incorrecte.
Survol
Archéologie et vie quotidienne
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Archéologie et littérature
Archéologie et linguistique
Archéologie et vie quotidienne
L'archéologie a révélé un grand nombre de de choses sur la vie quotidienne des peuples anciens. Les fouilles démontrent que pendant la période néolithique (fin de l'âge de pierre), les gens vivaient dans de simples huttes faites de bâtons entrelacés. Certaines de ces huttes étaient décorées à l'intérieur. Les maisons de la classe moyenne à Ur à l'époque d'Abram étaient élégantes, même selon les normes modernes. Les ruines des palais dans des endroits comme Knossos, Persépolis, Mari et Qantir révèlent leur magnificence d'antan. Le tissage est l'un des plus anciens métiers humains et était pratiqué même dans les temps anciens. Les techniques utilisées pour tisser les tapis orientaux ont commencé en Mésopotamie. La poterie, à la fois simple et décorée, était une autre forme ancienne d'artisanat.
Us et coutumes
L'archéologie a également aidé à clarifier les coutumes sociales mentionnées dans la Bible. Par exemple, le fait qu'Abram ait eu un enfant avec Agar, la servante de sa femme, suivait les coutumes locales à Nuzi et n'était pas considéré comme immoral. Les pratiques de l'adoption, comme dans le cas d'Éliézer avec Abram (Gn 15.2–4), sont mieux comprises grâce aux textes de Nuzi. Ces écrits décrivent des couples sans enfants adoptant un serviteur qui hériterait de leur domaine. Ceux qui étaient adoptés devenaient les premiers-nés, bien que la naissance d'un enfant naturel puisse supprimer ces droits. Les textes de Nuzi, Ugarit et Alalakh expliquent également les droits des fils premiers-nés et comment ces droits pouvaient être échangés, comme on le voit dans Genèse 25.31–34.
Commerce
Le travail et les métiers de la période biblique ont été illustrés par diverses découvertes archéologiques. Par exemple, un type d'image appelé « tableau » de Beni Hasan (réalisé vers 1900 av. J.‑C.) montre des Sémites apportant des marchandises en Égypte, possiblement en tant que métallurgistes. D'autres sources dépeignent des activités telles que :
La chasse
La pêche
La fabrication de briques
L'agriculture
La poterie
Ces sources fournissent également des informations sur la manière dont on s'habillait, avec des exemples de peintures égyptiennes datant de 500 ans plus tard, dans lesquelles des Sémites offrent des cadeaux au Pharaon, montrant des styles vestimentaires restés inchangés pendant des siècles. Les Israélites, cependant, avaient l'interdiction de faire des représentations d'êtres humains ou de Dieu.
Fragments de poterie
Les artefacts quotidiens les plus courants sont les tessons (morceaux de poterie cassés), souvent utilisés comme supports d'écriture. Par exemple, les « lettres de Lakis », une série de lettres militaires rédigées depuis un avant-poste en 587 av. J.‑C., ont été écrites sur des tessons. Même à l'époque du Nouveau Testament, les tessons étaient encore utilisés pour écrire. Cela s'expliquait par leur durabilité supérieure au papyrus et leur praticité par rapport aux tablettes de cire. Des stylos, palettes et encres ont été découverts en Égypte. L'encre utilisée pour écrire les manuscrits de la mer Morte a été retrouvée à Qumran.
Jeux
Les découvertes archéologiques incluent également des jeux et des jouets de l'Antiquité. Une peinture sur une tombe à Beni Hasan (vers 2000 av. J.‑C.) montre, par exemple, des filles égyptiennes jouant à un jeu de balle. Un relief d'un temple à Thèbes montre Ramsès III jouant aux dames. Les enfants égyptiens d'une période ultérieure jouaient à un jeu utilisant des cailloux, qui était peut-être une version précoce du backgammon. À Meguiddo, un plateau de jeu en ivoire avec des trous, vraisemblablement pour des chevilles, a été retrouvé, datant d'environ 1200 av. J.‑C. Les jouets pour enfants du Proche-Orient n'étaient pas si différents des jouets modernes. Divers jouets ont été trouvés, tels que :
Des sifflets
Des balles
Des charrettes miniatures
Des animaux sur roues
Des sports pour adultes comme la lutte, le tir à l'arc et la course à pied étaient également représentés dans les peintures des tombes égyptiennes.
Embaumement
L'embaumement est un processus qui préserve les corps morts. L'embaumement de Jacob et Joseph, tel que décrit dans Genèse 50.2–3, 26, était une coutume égyptienne millénaire. Jacob a été enterré dans la grotte de Macpéla avec ses ancêtres. Bien que le site soit connu, il ne peut être fouillé car c'est un lieu sacré pour les Arabes. Une inscription associée à un ancien site d'enterrement hébreu a été trouvée en 1931 sur le mont des Oliviers. Elle dit : « Ici ont été apportés les os d'Ozias roi de Juda. Ne pas ouvrir. » Cette inscription date de l'époque du Christ. Elle suggère que le tombeau du roi Ozias a été trouvé lors de fouilles à Jérusalem et que ses restes ont été déplacés vers un autre site.
Les archéologues ont également démontré que le fait de mettre une porte en pierre pour couvrir l'entrée du tombeau du Christ était un pratique courante entre 100 av. J.‑C. à 100 apr. J.‑C. environ, ce qui correspond aux récits évangéliques.
Archéologie et religion
L'archéologie a fourni des données sur la nature de la religion et du culte bibliques. Bien avant qu'Abram ne quitte Ur pour suivre le seul vrai Dieu, les Mésopotamiens non-juifs adoraient divers dieux. Ils reconnaissaient ces divinités comme des dieux du ciel. Ce contexte rend la relation des patriarches hébreux avec leur Dieu plus compréhensible. Le culte des dieux païens dans des sanctuaires portables est illustré dans un relief de Ramsès II, montrant une tente divine dans le camp égyptien. Des écrits phéniciens du 7e siècle av. J.‑C. mentionnent également un sanctuaire portable tiré par des bœufs. Ces données soutiennent l'idée que le tabernacle israélite du désert n'était pas une invention ultérieure.
L'archéologie a confirmé la tradition de chantres actifs dans les activités cultuelles avant l'exil babylonien. Pendant des siècles, les Palestiniens étaient réputés pour leurs talents musicaux. Des tablettes de Ras Shamra à Ougarit contiennent des éléments de poésie religieuse similaire aux psaumes hébreux. Le temple de Salomon, construit par des ouvriers phéniciens, suivait un plan (voir 1R 6) similaire à une chapelle du 8e siècle av. J.‑C. trouvée à Tel Tainat en Syrie. Le Mur des Lamentations à Jérusalem est dit inclure des pierres de l'époque de Néhémie ; toutefois, aucune trace des fondations de Salomon n'a été trouvée dans la ville. Des morceaux de maçonnerie du temple d'Hérode, détruit en 70 apr. J.‑C., ont été découverts. Ces pièces fournissent des informations précieuses sur la structure du temple. Bien que de nombreuses synagogues aient existé en Palestine à l'époque de Christ, peu de vestiges en ont été trouvés.
Archéologie et Guerre
L'archéologie a considérablement enrichi notre compréhension de la guerre antique (un thème biblique important). Les peuples du Proche-Orient Ancien considéraient la guerre comme un conflit entre les divinités des nations opposées. Le service militaire était considéré comme sacré, et les soldats étaient très respectés. Dieu, en tant qu'Éternel des armées, était vu comme commandant de l'armée hébraïque. Il pouvait ordonner la destruction complète d'une ville, appelée « anathème », comme dans le cas de Jéricho (Jos 6.17, 24). La guerre suivait des règles entendues. Si une ville était menacée, ses habitants pouvaient se rendre et avoir la vie sauve, bien que leurs biens soient capturés. En cas de résistance, ils risquaient la destruction totale. Les tactiques de guerre comprenaient :
Les assauts frontaux (attaques directes)
L'espionnage
L'embuscade
La patrouille
Le combat était parfois décidé par un combat singulier, comme dans l'histoire de David et Goliath (1S 17.38–54).
Les armures et armes antiques étaient fréquemment représentées dans les reliefs et monuments.
Un casque en or d'Ur est un exemple remarquable de l'équipement militaire sumérien. Des casques hittites plus petits sont représentés sur le mur d'une tombe à Karnak. Au début, seuls les chefs des armées israélites portaient des casques en métal (voir 1S 17.38). Arrivé à l'époque de l'Empire séleucide toutefois, tous les soldats hébreux bénéficiaient de casques en bronze (1 M 6.35). Les soldats romains portaient couramment des casques en cuir ou en bronze.
Les Hébreux utilisaient deux types de boucliers : un grand pour l'infanterie et un plus petit pour les archers (2Ch 14.8). Ces boucliers étaient généralement faits de bois et de cuir, bien que certains soient en bronze.
Les cottes d'armure à écailles, comme dans Jérémie 46.4, étaient utilisées au Proche-Orient dès le 15e siècle av. J.‑C., comme le prouvent les fouilles à Alalakh et Ugarit.
Les épées et les lances, éléments essentiels de l'armement hébreu, existaient sous diverses formes et tailles. Des fours pour fabriquer des épées ont été découverts à Guérar, et des poignards de l'âge du bronze ont été retrouvés à Lakis et Meguiddo.
L'arc à poulie asiatique était une développement important par rapport aux arcs plus simples représentés des temps anciens. Les pointes de flèches datant de 1300 à 900 av. J.‑C., inscrites avec des noms, suggèrent l'existence de compagnies d'archers (voir Es 21.17).
Le Nouveau Testament mentionne très peu de choses concernant l'équipement militaire.
Archéologie et littérature
Les découvertes archéologiques ont révélé des parallèles avec de nombreux types de littérature biblique. Par exemple, les fouilles à Ras Shamra ont mis au jour des tablettes en vers ainsi qu'en prose. Ces tablettes présentaient des formes grammaticales et littéraires similaires à celles des psaumes hébreux. Il est désormais évident que des codes de lois détaillés, semblables à ceux du Pentateuque, existaient avant l'époque de Moïse.
Les codes sumériens fragmentaires datant du 19e siècle av. J.‑C. environ. Le Code de Hammurabi, similaire à la Loi mosaïque au niveau de sa forme et son style, en est un exemple. Le Code de Hammurabi expliquait les principes de justice en 300 sections. Ce code cherchait à contrôler la société par la loi et l'ordre. Son style est intéressant : il commence par un prologue poétique en vers, suivi de la section légale, et se termine par un épilogue en prose. Ce schéma en trois parties apparaît également dans le livre de Job, ainsi que dans des écrits plus modernes.
La structure alliancielle d'Exode 20.1–17 ainsi que sa forme plus complète dans le Deutéronome est similaire à la structure des traités de vassalité hittites du deuxième millénaire avant J.‑C. trouvés à Boğazkale. Les traités étaient rédigés selon un schéma standard, que l'on peut également observer dans divers passages de l'Ancien Testament comme
La Genèse contient des éléments similaires aux traditions littéraires mésopotamiennes. La phrase « voici les générations de », qui revient à intervalles régulières dans la Genèse, en est un exemple. Cette phrase et le texte environnant sont utilisés comme « colophons » (informations de publication dans les livres modernes) sur les tablettes mésopotamiennes. Cette phrase, ainsi que les listes familiales de sites comme Nuzi, suggère que le style concis du début de la Genèse est similaire à l'écriture historique sumérienne.
La littérature de sagesse hébraïque, comme les Proverbes, trouve également des parallèles dans d'autres textes anciens. Par exemple, l'« Instruction d'Amenemope », un texte égyptien, présente des similitudes avec Proverbes 22.17–24.22, bien que les chercheurs débattent pour savoir si un texte a influencé l'autre ou s'ils dérivent tous deux d'une source antérieure perdue.
La forme des lettres du monde antique est souvent utilisée dans la Bible (voir par exemple 2S 11 ; 1R 21 ; 2R 5.10, 20 ; Esd 4.6–7 ; Né 2.7). Cette forme était employée dans les papyrus égyptiens, comme les documents de Zénon, et dans les écrits grecs, tels que les lettres de Platon. La Septième Lettre de Platon, datant d'environ 354 av. J.‑C., est similaire aux lettres de l'apôtre Paul. La Septième Lettre de Platon tente également de corriger les malentendus concernant son enseignement. Les lettres de Paul, de par leur nature personnelle, endossent certains éléments de lettres égyptiennes (la lettre à Philémon en particulier).
Archéologie et Langue
Le recouvrement de langues anciennes par l'archéologie nous aide à comprendre l'Ancien Testament. De nombreuses expressions de l'Ancien Testament ont été identifiées comme ayant des origines sumériennes ou akkadiennes, à l'instar, l'expression « les cieux et la terre » dans Genèse 1.1. En sumérien, l'expression est an-ki, signifiant « univers ». Cette phrase emploie deux termes opposés pour exprimer la totalité, un procédé littéraire également observé dans Apocalypse 22.13.
Le ougaritique et l'eblaïque sont deux dialectes sémitiques occidentaux étroitement liés à l'hébreu. Ces dialectes fournissent des éclaircissements sur le langage poétique hébreu obscur, révélant qu'il préserve des expressions cananéennes anciennes. L'araméen est une autre langue sémitique du nord-ouest. L'étude de l'araméen a également clarifié la langue utilisée dans certaines parties de l'Ancien Testament, telles que les livres d'Esdras et de Daniel. Ceux-ci ont été écrits en araméen impérial. Les papyrus d'Éléphantine des 5e et 4e siècles av. J.‑C. soutiennent la datation ancienne de ces textes.
Le Nouveau Testament a été écrit en koinè, ou grec « commun », la langue commune du Proche-Orient et de l'Empire romain. Le grec du Nouveau Testament contient souvent des expressions sémitiques sous-jacentes qui, si elles ne sont pas reconnues, peuvent conduire à des erreurs de traduction.
Importance pour l'études de la Bible
Les découvertes archéologiques ont considérablement élargi notre connaissance du monde ancien. Elles nous ont permis de voir les personnages de la Bible comme des figures historiques réelles. Ces individus ont vécu à des époques de tensions et de réalisations culturelles. Ils n'étaient pas des figures légendaires. Ils ont affronté les problèmes de la vie et ont parfois reçu des visions de Dieu, tout-puissant et entièrement saint, qui les guidait, eux et leurs nations, et les aidait à accomplir ses desseins dans le cours de l'histoire.
L'archéologie montre que les Hébreux doivent être considérés dans le contexte plus large du Proche-Orient Ancien, comme faisant partie d'une grande culture incluant divers peuples tels que les Sumériens et les Égéens. Cette étude doit être abordée de manière objective. Nous devons utiliser des preuves pour comprendre les événements et la vie bibliques. Bien qu'il puisse y avoir des conflits occasionnels entre les interprétations archéologiques et les données bibliques, ceux-ci sont rares et tendent à diminuer à mesure que de nouvelles informations sont découvertes.
L'archéologie ne peut ni prouver ni réfuter les vérités spirituelles des Écritures. Cependant, elle valide l'histoire hébraïque et clarifie de nombreux termes et traditions auparavant incertains dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Ce faisant, l'archéologie fournit un solide contexte historique pour les prophéties qui mènent à la vie de Jésus-Christ.