Colossiens Introduction approfondie

La lettre aux Colossiens rassemble certains des enseignements les plus profonds et les plus sublimes sur le Christ avec des instructions de vie très élémentaires. Plus que tout autre livre du Nouveau Testament, la lettre aux Colossiens nous rappelle que le Christ doit toujours occuper une place prépondérante dans la dévotion et l’adoration du chrétien.

Contexte

La ville de Colosses était située à environ 120 miles ou 193 kilomètres à l’est d’Éphèse, dans la province d’Asie (dans l’actuelle Turquie).

Paul dit que c’est d’abord Épaphras qui a apporté la Bonne Nouvelle aux Colossiens (1.7). Épaphras a probablement été converti pendant les trois années de ministère de Paul à Éphèse. Éphèse était le centre commercial et gouvernemental de toute la province, qui comprenait aussi Colosses. Luc nous dit que pendant le séjour de Paul à Éphèse, « tous ceux qui habitaient l’Asie, (…) entendirent la parole du Seigneur » (Ac 19.10). Bien que Paul ne se soit pas rendu à Colosses (Col 2.1), il était le « père » spirituel d’Épaphras et donc le « grand-père » spirituel de leur église. Il a donc écrit avec une autorité apostolique et une attention personnelle.

Au moment de la rédaction de la lettre aux Colossiens, Épaphras rendait visite à Paul en prison (4.12). Il avait fait part à Paul de certaines difficultés que traversait la jeune Église. Il était particulièrement préoccupé par certains faux enseignants de Colosses qui mettaient l’accent sur l’importance des « dominations et autorités spirituels » (2.15) et des « rudiments du monde » (2.8, 20), et ainsi détournaient de la prééminence du Christ. Paul a écrit cette lettre pour traiter de ces questions.

Résumé

La lettre aux Colossiens se divise en deux parties. Les chapitres 1–2 traitent de la théologie tandis que les chapitres 3–4 traitent de questions pratiques.

Les salutations de Paul (1.1–2) sont suivies d’une section consacrée aux remerciements (1.3–14). C’est de cette manière que commencent habituellement les lettres du Nouveau Testament. Ensuite, pour présenter son point de vue théologique principal, Paul cite et adapte un hymne sur la suprématie du Christ (1.15–20), puis en fait une application pratique (1.21–23) avant de discuter de son propre ministère en tant qu’apôtre des Gentils (1.24–2.5). Il revient ensuite à son thème principal, en exhortant les Colossiens à maintenir leur allégeance à Jésus-Christ, celui qui pourvoit à leur vie spirituelle (2.6–15). La partie théologique de la lettre se conclut par un avertissement contre l’obsession des règles comme moyen d’accomplissement spirituel (2.16–23).

La partie plus pratique de la lettre (chapitres 3–4) commence par un appel général à se détourner du péché et à adopter la nouvelle vie en Christ (3.1–11). Paul poursuit avec des instructions concernant la communauté chrétienne (3.12–17) et la vie familiale (3.18–4.1). La lettre se termine par une exhortation à la prière (4.2–6) et des remarques sur les collaborateurs et d’autres chrétiens (4.7–18).

Date et circonstances de la rédaction

Les lettres aux Colossiens, aux Éphésiens, à aux Philémon et Philippiens sont appelées les lettres de captivité : toutes les quatre ont été écrites pendant que Paul était en prison pour avoir prêché au sujet de Jésus-Christ (voir 4.18). Les lettres aux Éphésiens, aux Colossiens et à Philémon sont étroitement liées, car elles ont probablement été écrites depuis le même endroit, à peu près au même moment (soit Rome, soit Éphèse — voir Introduction à la lettre aux Éphésiens, « Date et lieu de rédaction »). Ces trois lettres partagent des thèmes et un vocabulaire communs et ont été écrites pour des personnes qui se trouvaient dans la même région du monde : Colosses se trouvait à seulement 200 kilomètres environ à l’est d’Éphèse dans la province romaine d’Asie, et Philémon habitait à Colosses.

Paul mentionne certains des mêmes collaborateurs dans chacune de ses lettres de captivité. Dans sa lettre à Philémon, il explique pourquoi il lui renvoie Onésime, l’esclave en fuite de Philémon. Onésime a également voyagé avec la lettre aux Colossiens (4.9). Dans la lettre aux Colossiens (4.7) et aux Éphésiens (Ep 6.21), Paul mentionne que Tychique donnera aux Églises des informations plus détaillées sur la situation de Paul. Tychique a donc probablement été le messager qui a apporté ces trois lettres à destination en Asie Mineure.

Les faux enseignements

Paul a écrit aux Colossiens parce que de faux prophètes troublaient l’Église. Colosses était un important centre commercial situé sur l’une des principales voies romaines de la région. La ville devait donc être exposée aux idées de nombreuses religions et philosophies. Comme beaucoup de faux enseignements, l’« hérésie colossienne » était probablement un mélange de diverses attitudes et idées qui étaient dans l’air du temps. Nous ne connaissons pas l’identité de ces faux prophètes ni les détails précis de leur enseignement, mais certains traits caractéristiques se dégagent :

(1) Les faux prophètes insistaient apparemment sur l’observation des fêtes du sabbat et de la nouvelle lune (2.16), ce qui suggère une certaine influence juive dans leur point de vue ;

(2) Ils étaient préoccupés par le respect de diverses règles, notamment concernant le corps (ascétisme) ; et

(3) ils mettaient l’accent sur les êtres spirituels, ce qui était typique de nombreux mouvements religieux de l’époque.

Le problème de fond est évident : cet enseignement ne reconnaissait pas le Christ comme la source et le cœur de toute expérience religieuse. Or, tout enseignement ou toute philosophie qui néglige cette vérité ne peut être considéré comme la Bonne Nouvelle.

Signification et message

Dans sa lettre aux Colossiens, Paul ramène une jeune Église chrétienne au message des apôtres : la Bonne Nouvelle concernant le Christ. Pour contrer l’influence de faux enseignements, Paul affirme que le Christ est souverain sur tous les êtres de la création, qu’ils soient spirituels ou physiques. Jésus est celui en qui réside pleinement la plénitude de Dieu. Il est également l’unique source véritable de croissance spirituelle, le centre d’où rayonne toute expérience spirituelle authentique (2.19). Les faux enseignants tiraient leur insistance sur les règles d’une source autre que le Christ, ce qui signifiait que ces règles ne pouvaient apporter aucun bénéfice spirituel (2.23). Dans ce cas, affirme Paul, ajouter revient à soustraire : tenter d’ajouter quoi que ce soit au Christ revient à diminuer la puissance qu’il est seul à pouvoir offrir pour mener la vie chrétienne.

Christ nous a réconciliés avec Dieu, en qui nous vivons maintenant, donc tous nos besoins spirituels sont comblés par Christ. Nous n’avons besoin de personne ni de rien d’autre pour un véritable épanouissement spirituel.

Paul a exhorté les Colossiens à éviter de donner trop d’importance aux pratiques rituelles (2.16–23). Au lieu de cela, tous les chrétiens devraient s’identifier à Christ dans sa mort et sa résurrection (2.11, 19–20 ; 3.1–4) et laisser la Bonne Nouvelle, telle que prêchée par les apôtres, façonner leur pensée et leur comportement. La lettre aux Colossiens nous rappelle que nous devons garder le Christ au centre de tout ce que nous faisons, dans notre propre cheminement spirituel et dans la vie de l’Église. Ajouter quelque chose au Christ est inévitablement une distorsion de la vraie foi chrétienne.