3 Jean Introduction approfondie

Cette courte lettre personnelle offre un aperçu concret des tensions liées au leadership et aux conflits dans les premières communautés chrétiennes. Un homme nommé Diotrèphe exerçait un contrôle excessif sur l’église locale et rejetait l’autorité de l’apôtre Jean ainsi que celle de ses émissaires. À l’inverse, Gaïus et Démétrius incarnaient la fidélité à l’enseignement apostolique et à l'apôtre Jean.

Contexte

L’apôtre Jean rédige cette lettre à la même époque que 1 Jean et 2 Jean (voir Introduction au livre de 1 Jean, « Contexte »). Certains enseignants et dirigeants, prétendant être spirituels, propagent une doctrine différente sur le Christ et relâchent les exigences disciplinaires à l’égard des membres de leurs églises. Ils revendiquent leur propre autorité et rejettent celle de Jean, tout en déformant l’enseignement apostolique. Diotrèphe fait partie de ceux qui se détachent de la communion apostolique (cf. 1Jn 2.18–19). En tant que responsable dans l’une des églises locales, il rejette l’autorité de Jean et refuse de recevoir les enseignants envoyés par l’apôtre. Il va même jusqu’à excommunier ceux qui leur offrent l’hospitalité.

Connaissant la situation, Jean adresse cette lettre à Gaïus, un membre fidèle de cette église. Il l’encourage à continuer d’accueillir et d’héberger les émissaires qu’il envoie, et l’exhorte à rester fidèle à son enseignement et à la communion apostolique.

Résumé

Parmi toutes les lettres du Nouveau Testament, 3 Jean représente le modèle le plus typique des lettres personnelles de la Grèce et de Rome au premier siècle. À l’instar d’autres lettres de cette époque, elle débute (1.1–4) par l’identification de l’auteur (« l’ancien ») et du destinataire (« Gaïus »), suivie d’un souhait de prospérité adressé au destinataire.

Dans le corps de la lettre (1.5–12), Jean félicite Gaïus et réprimande Diotrèphe. Gaïus agit de façon louable en accueillant les enseignants itinérants, et ceux-ci ont rapporté à Jean que Gaïus marche dans la vérité. Cette nouvelle remplit Jean de joie, et il encourage Gaïus à continuer de démontrer ce type d'hospitalité.

En contraste avec Gaïus, un dirigeant d’église nommé Diotrèphe fait l’objet d’une réprimande de la part de l’apôtre (1.9–10). Son désir de conserver un pouvoir exclusif l’a conduit à rejeter l’autorité de Jean et à inciter d’autres à faire de même. Il est même allé jusqu’à exclure de l’église ceux qui accueillaient les envoyés de Jean. Jean avertit donc Gaïus de ne pas se laisser influencer par l’attitude autoritaire de Diotrèphe ni d’imiter sa conduite.

Jean mentionne ensuite un autre homme, Démétrius, reconnu pour sa bonne réputation (1.12). Le but de Jean en faisant cela n'est très pas clair pour nous aujourd'hui, mais il est probable que Jean suggère Démétrius comme un modèle ou un candidat digne de confiance pour guider la communauté.

Jean termine la lettre par une annonce de visite prochaine et l’envoi de salutations personnelles (1.13–15).

Auteur et date

L’auteur de cette lettre se présente simplement comme « l’ancien » (voir 1.1), ce qui pourrait indiquer son âge ou bien souligner son autorité spirituelle par rapport à ses lecteurs. La tradition chrétienne a généralement identifié cet ancien comme étant l’apôtre Jean, considéré comme un homme âgé et une figure d’autorité dans les églises d’Asie Mineure vers la fin du premier siècle (voir 1 Jean Introduction du livre, « Auteur »). 3 Jean a probablement été rédigée à peu près à la même période que 1 Jean et 2 Jean, autour de 85–90 apr. J.-C.

Signification et message

La troisième épître de Jean traite d’un problème déjà soulevé dans la première : certains responsables d’église ont adopté de faux enseignements et rejeté l’autorité des apôtres.

Nous ne pouvons pas prétendre aimer Dieu et être attachés à la vérité sans respecter l’enseignement transmis par les apôtres, ni demeurer en communion avec l’Église de Dieu et les membres de sa famille spirituelle.