2 Pierre Introduction approfondie

Dans un contexte où de nombreuses visions du monde, croyances religieuses et valeurs culturelles cherchent à capter l’attention, 2 Pierre appelle les croyants à croître dans la grâce du Christ. Elle met en garde avec fermeté contre toute tentative de compromis, qui consisterait à diluer la foi chrétienne en l’associant à des idées étrangères à l’Évangile.

Contexte

2 Pierre s’adresse probablement au même groupe de croyants que celui mentionné dans 1 Pierre (1P 1.1 ; voir 2P 3.1). Nous ne savons pas si Pierre a visité l'Asie Mineure, et le Nouveau Testament reste très discret sur ses déplacements après son départ de Jérusalem vers l’an 44 apr. J.-C. (Ac 12.16–17). Ce que l’on sait, c’est que Pierre se trouvait à Rome au début des années 60 apr. J.-C. Il est donc plausible qu’il ait rédigé cette seconde épître depuis Rome, peu de temps après la première. Selon la tradition chrétienne ancienne, Pierre est mort à Rome sous le règne de l’empereur Néron, probablement en 64 ou 65 apr. J.-C.

Résumé

Dans l’ouverture de sa lettre (1.1–15), Pierre s'identifie ainsi que ses lecteurs (1.1–2), puis expose sa préoccupation principale : il souhaite que ses lecteurs grandissent dans la connaissance de Dieu et du Christ (1.3–11). Il leur confie aussi, avec un certain sentiment d’urgence, qu’il sait que sa fin est proche (1.12–15).

Le chap. 2 constitue le cœur du message. Pierre y expose et condamne fermement les faux enseignants. Avant cette dénonciation, il rappelle avec force la certitude du retour glorieux du Christ (1.16–21). Les faux enseignants étaient manifestement sceptiques quant au retour du Christ, ainsi que la réalité du jugement final.

Pierre dénonce les faux enseignants en quatre étapes : il annonce d’abord la venue de ces imposteurs (2.1–3), affirme ensuite que Dieu saura les juger tout en sauvant les justes (2.4–10), expose clairement leurs comportements pécheurs (2.10–16), puis prononce leur condamnation (2.17–22).

Dans le chap. 3, il insiste à nouveau sur la promesse du retour du Christ dans la gloire pour transformer le monde (3.1–13), Enfin, Pierre conclut sa lettre comme il l’a commencée, en appelant ses lecteurs à croître « dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (3.18 ; voir 1.3–11).

Auteur

L’auteur de la lettre se présente comme Simon Pierre (1.1), l’un des apôtres de Jésus. Il affirme qu’il s’agit de « la seconde lettre que je vous écris » (3.1). La première lettre est probablement 1 Pierre.

2 Pierre diffère nettement de 1 Pierre sur plusieurs plans, même s’il présente aussi des ressemblances marquées avec l'épître de Jude. Ces différences amènent certains à penser que quelqu’un d’autre aurait écrit 2 Pierre. Cependant, cette hypothèse n’est pas nécessaire. Les deux lettres répondent à des situations très différentes, ce qui explique naturellement des variations de style et de vocabulaire.

Il est aussi possible que Silas (ou Silvain), qui a servi de scribe à Pierre pour l'écriture de sa première épître (1P 5.12), ait influencé le style de cette première lettre, tandis qu’un autre scribe aurait été impliqué pour la seconde.

Relation avec Jude

Il existe une relation littéraire évidente entre 2 Pierre et Jude. Les deux lettres utilisent des expressions rares et spécifiques qui se recoupent de façon trop précise pour que ces ressemblances soient dues au hasard ou à une tradition orale commune (cf. 2P 2.3 // Jd 1.4 ; 2P 2.4 // Jd 1.6 ; 2P 2.6 // Jd 1.7 ; 2P 2.10 // Jd 1.8 ; 2P 2.11 // Jd 1.9 ; 2P 2.13, 17 // Jd 1.12 ; 2P 3.3 // Jd 1.8). Trois scénarios peuvent expliquer cette relation : (1) Jude a repris du contenu de 2 Pierre ; (2) 2 Pierre a repris du contenu de Jude ; ou (3) les deux lettres s’inspirent d’une source littéraire commune aujourd’hui disparue.

La seconde option est souvent privilégiée, bien que la première reste tout à fait plausible. La troisième est moins probable, car elle suppose un scénario plus complexe sans nécessité réelle. Quoi qu’il en soit, l’auteur qui reprend les propos de l’autre le fait parce qu’il fait face à une situation similaire, et il juge ce contenu pertinent pour son propre contexte. Un tel emprunt n'était pas rare dans le monde antique ; plutôt que d'être considéré comme du plagiat, il était perçu comme une marque d’estime et de reconnaissance.

Faux enseignants

Les faux enseignants que Pierre dénonce ne correspondent à aucune hérésie clairement identifiée dans l’histoire de l’Église ancienne. Leur comportement se caractérise par l’immoralité et le mépris de l’autorité. Ils semblent croire que la grâce de Dieu leur accorde une liberté sans limites, justifiant ainsi toutes leurs actions (2P 2.19–20). Ils rejettent toute forme d’autorité (voir 2.10–11), se livrent à des relations sexuelles illicites, à l’excès de boisson et de nourriture, et à la cupidité (2.13–20). Certains chercheurs estiment qu’ils pourraient représenter une forme précoce de pensée gnostique, qui se développera pleinement au IIᵉ siècle.

Signification et message

2 Pierre se concentre principalement sur l’urgence de faire face à la menace que représentent ces faux enseignants. Bien que ces débauchés se présentent comme des chrétiens (2.1, 21–22), Pierre ne laisse aucun doute sur leur véritable nature : ils s’opposent à l’Éternel, et leur rébellion les conduit à la condamnation (2.3, 10). Pierre écrit pour alerter les croyants : il les exhorte à rejeter ces imposteurs et leur enseignement, et à rester fermement attachés à la vérité de l'Évangile. Sa lettre agit comme un rappel fort : s’éloigner de la vérité expose au danger. L'église doit toujours être sur ses gardes contre ceux qui déforment la vérité de l’Évangile ou dont le mode de vie contredit le message qu’ils prétendent annoncer.