2 Rois Introduction approfondie

Le Second Livre des Rois raconte l'histoire de nombreux chefs qui n'ont pas appris du passé. L'échec spirituel de ces rois a causé leur perte et celle de leur nation. Cependant, on trouve dans ce livre des exemples remarquables de personnes ayant fait passer Dieu et sa Parole en premier et ayant bénéficié de ses bénédictions promises. La lecture des récits de la vie des rois nous incite à éviter leurs erreurs et à profiter des bénédictions que Dieu promet à ceux qui l'aiment et le servent.

Contexte

Le Second Livre des Rois reprend l'histoire d'Israël après la division du royaume, là où elle se termine avec le Premier Livre des Rois. Ahazia règne alors sur le royaume d'Israël au nord et Josaphat sur le royaume de Juda au sud. Le récit retrace les circonstances au terme desquelles les deux royaumes rencontrent leurs fins respectives : le royaume du nord en 722 av. J.-C le royaume du sud en 586 av. J.-C.

Résumé

Ce sont les règnes des rois d'Israël et de Juda qui donnent sa structure au Second Livre des Rois. Celui-ci couvre quatre périodes : (1) les dernières années de la troisième dynastie du royaume du Nord (853–841 av. J.-C., 1.1–9.37) ; (2) la quatrième dynastie de ce royaume (841–752 av. J.-C., 10.1–15.12) ; (3) sa période de déclin et sa chute (752–722 av. J.-C., 15.13–17.41) et (4) la dernière ère du royaume du Sud (722–586 av. J.-C., 18.1–25.30).

Le livre commence par un accident causant la mort d'Ahazia, roi d'Israël (1.1–18), et par l'événement final de la vie d'Élie, lorsque Dieu le fait monter au ciel (2.1–12). La direction prophétique passe à Élisée, dont les miracles et les recommandations occupent les chapitres suivants (2.12–8.15 ; voir 9.1–10).

Le récit des règnes des rois de Juda Joram et Achazia (8.16–29) va jusqu'à 841 av. J.-C., année charnière qui les voit tués par Jéhu. Jéhu exécute également Jézabel, les membres survivants de la famille d'Achab et les fonctionnaires adorateurs de Baal (9.11–10.29). C'est ainsi que débute le règne de 28 ans de Jéhu (10.30–36). En même temps, Athalie (11.1–20) usurpe le trône de Juda et règne pendant six ans jusqu'à ce que ceux qui sont loyaux à la lignée de David placent le jeune Joas sur le trône (12.1–21).

Les royaumes jumeaux jouissent de prospérité pendant un certain temps (14.23–15.7), mais le royaume du Nord persiste dans le mal et sa période de déclin commence : l'assassinat de Zacharie (15.8–12) est suivi des règnes brefs de Schallum, Menahem, Pekachia, Pékach et Osée (15.13–17.2). Celui-ci est le dernier roi d'Israël (732–722 av. J.-C.). Il est assez insensé pour placer sa confiance en l'Égypte et se rebelle contre l'Assyrie, provoquant la prise de Samarie et la fin du royaume du Nord en 722 av. J.-C. (17.3–6). L'auteur évalue ensuite les raisons de la chute d'Israël et raconte comment la Samarie est repeuplée (17.7–41).

La dernière section de 2 Rois (18.1–25.30) raconte l'histoire du royaume de Juda. On se souvient d'Ézéchias pour avoir mis sa confiance en Dieu alors qu'il était sous pression (18.5–6 ; voir 18.13–20.11), et Josias mérite des éloges pour sa dévotion à la loi de l'Éternel (23.19 ; voir 22.8–23.25). Cependant, même ces deux rois commettent des erreurs critiques (20.12–19 ; 23.29–30 ; voir 2Ch 35.20–25).

Après la mort de Josias, les derniers rois de Juda font ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, et le royaume du Sud est ravagé et finalement détruit par le roi Nebucadnetsar II de Babylone (2R 23.31–25.21). Le jugement de Dieu qui avait été prophétisé vient donc sur la nation (voir Jr 38.17–23), et le royaume glorieux d'Israël devient un souvenir.

Le Second Livre des Rois se conclut par deux notes annexées. La première traite des événements en Juda après la chute de Jérusalem (2R 25.22–26). La seconde décrit la libération ultérieure de Jojakin à Babylone (25.27–30).

Auteur et date

Le Second Livre des Rois est la suite du Premier, écrit par le même auteur, dont l'identité demeure inconnue. Il connait bien les sources qui lui permettent de composer un récit détaillé des événements après la division de la monarchie d'Israël, et sa perspective lui permet d'évaluer les raisons des succès et des échecs de la nation en fonction de la réponse du peuple à l'alliance mosaïque. Sa relation étroite avec l'histoire ultérieure de Juda indique qu'il a peut-être vécu à Jérusalem ou à proximité et qu'il a peut-être été un témoin oculaire de nombreux événements parmi ceux qui ont provoqué la chute de la ville. Il n'est pas certain que ce soit lui qui ait écrit l'appendice final concernant la libération de Jojakin car on ne sait pas s'il était alors encore en vie (561 av. J.-C., 25.25–30). Sinon, ces versets ont été ajoutés par quelqu'un qui connaissait bien ce livre et avait des affinités avec l'auteur principal. Selon une certaine tradition, le seul auteur des deux Livres des Rois n'est autre que Jérémie, qui aurait été emmené à Babylone lors du retour de Nebucadnetsar après une campagne en Égypte (vers 568 av. J.-C.). Jérémie aurait vécu à Babylone jusqu'à après son quatre-vingt-dixième anniversaire.

Sur la base des informations fournies dans les derniers chapitres, la composition finale du Second Livre des Rois a probablement eu lieu peu après la chute de Jérusalem en 586 av. J.-C. L'appendice final du livre est ajouté peu après la mort de Nebucadnetsar II en 562 av. J.-C.

Chronologie

Le Second Livre des Rois regorge d'informations chronologiques sur les rois d'Israël et de Juda, mais aucune d'entres elles ne nous donne de date précise. Pour en obtenir, nous devons comparer les dates données dans les annales d'Israël avec celles des nations environnantes (Assyrie, Babylone et Égypte) ainsi qu'avec des calculs astronomiques. Les annales présentent une harmonie remarquable, qui prouve que les récits d'Israël sont historiquement exacts et précis.

Signification et message

Chaque roi après la division de la monarchie est évalué en fonction de sa fidélité (ou de son infidélité) à Dieu. Soit il fait « ce qui est bien aux yeux de l'Éternel », soit il fait « ce qui est mal aux yeux de l'Éternel ».

Tous les rois d'Israël sont mauvais. Ils commettent « les mêmes péchés que Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël » (13.2, 11 ; 14.24 ; 15.9 ; 17.2). Bien des rois de Juda sont censurés de la même façon (voir p. ex. 8.18). Manassé notamment est condamné à cause de son idolâtrie et de son apostasie effrénées (21.2–9), et plusieurs rois suivent son exemple (21.20 ; 23.32, 37 ; 24.9, 19).

Plusieurs rois de Juda sont cependant loués pour avoir fait « ce qui est bien aux yeux de l'Éternel » (12.2 ; 14.3 ; 15.3, 34 ; 18.3 ; 22.2). Ces hommes se préoccupent de l'entretien de la réparation du Temple (12.6–16 ; 22.3–7) et de l'obéissance aux préceptes de la parole de Dieu (18.6 ; 22.8–13 ; 23.1–3). Ézéchias et Josias reçoivent des éloges spéciaux : Ézéchias pour sa confiance dans le Seigneur et son obéissance à la parole de Dieu (18.5–6), et Josias pour sa haute estime de la loi de Moïse (23.25). Les implications sont limpides. Le peuple de Dieu doit vivre en accord avec les normes élevées de la parole Dieu, afin de faire « ce qui est bien aux yeux de l'Éternel » (comp. Ps 119.9–11, 111 ; 2Tm 3.16–17).

La prééminence accordée aux derniers jours du grand prophète Élie (1.3–17 ; 2.1–11) et au ministère spectaculaire d'Élisée (2.12–25 ; 3.11–19 ; 4.1–7.2 ; 8.1–2) souligne la nécessité d'annoncer les paroles de Dieu aux autres (Ac 20.18–21 ; 2Tm 2.15  ; 4.2) afin qu'ils puissent entrer en relation d'alliance avec lui (2Co 3.4–6).

Enfin, les échecs de même les bons rois rappellent au peuple de Dieu qu'il doit constante fidélité et service à son Seigneur. Leur vie sera alors remplie de bien (Ps 84.11 ; Rm 14.7–8), et lorsqu'ils se présenteront devant Dieu pour être jugés (Rm 14.10–11 ; 2Co 5.10), il les récompensera et les louera (2Tm 4.7–8  ; Ap 2.10 ; voir Mt 25.23).