2 Jean Introduction approfondie

La deuxième épître de Jean est le livre le plus court du Nouveau Testament, avec seulement treize versets. Dans l'Antiquité, elle aurait tenu sur une seule feuille de papyrus. La première lettre de Jean a développé les principes de la persévérance dans la vérité, de l'amour des autres croyants et de la vigilance à l'égard des faux enseignants. Cette lettre nous donne un exemple d'application de ces principes à une situation concrète.

Contexte

Le contexte de 2 Jean est similaire à celui de 1 Jean (voir Introduction au livre de 1 Jean, « Contexte »). De faux enseignants itinérants avaient parcouru l’Asie Mineure en diffusant une hérésie connue sous le nom de docétisme. Ces personnes rejetaient l’enseignement apostolique, affirmant que Jésus, en tant que Christ divin, possédait réellement un corps physique et humain. Elles incitaient d’autres à adopter la même conception erronée. Il s’agissait probablement des hérétiques évoqués dans la première épître de Jean. Sous l’influence de ces idées, certains croyants avaient quitté l’église pour former une nouvelle secte. L'apôtre Jean appelait alors les fidèles d’Asie Mineure à rester solides dans leur foi, à demeurer attachés à la vérité transmise par les apôtres au sujet de Jésus-Christ, et à persévérer dans l’amour fraternel.

Résumé

Cette lettre personnelle débute par une salutation (1.1–3) et exprime ensuite les souhaits de l'auteur (1.4–11). Jean souhaite avant tout que ses lecteurs demeurent attachés à la vérité et continuent de s’aimer les uns les autres. Il les avertit de l’éventuelle venue de faux enseignants parmi eux et les exhorte à rester fidèles à l’enseignement apostolique au sujet de Jésus-Christ, afin de recevoir pleinement ce qui leur a été promis. Dans le même temps, il leur interdit d’accueillir ces enseignants dans leurs assemblées ou leurs foyers, ou même de leur témoigner quelque forme de soutien. Ils ne doivent même pas leur souhaiter du bien, car le faire reviendrait à participer à leur hérésie. Jean conclut la lettre en annonçant sa venue prochaine et en transmettant les salutations de l’église.

Auteur

Certains spécialistes ont pensé que le Jean qui a écrit cette lettre (1.1) pourrait être une autre personne que l’apôtre. Toutefois, de solides arguments plaident en faveur de l’idée que l’apôtre Jean est bien l’auteur de cette lettre (voir Introduction au livre de 1 Jean, « Auteur »).

Destinataires

Les destinataires de 2 Jean sont désignés comme « Kyria l’élue et à ses enfants » (1.1). Cette expression pourrait faire allusion à une femme appelée Kyria et à ses enfants biologiques. Toutefois, il est plus probable que Jean parle d’une église locale (« Kyria l’élue ») et de ses membres (« ses enfants » ; cf. 1P 5.13). Si c'est le cas, 2 Jean a probablement été adressée à l’une des églises placées sous la responsabilité de Jean en Asie Mineure.

Signification et message

Le message de 2 Jean s’articule autour de deux axes. Premièrement, les membres de la communauté chrétienne sont appelés à s’aimer les uns les autres (1.5). Cet amour s’exprime concrètement par l’obéissance aux commandements de Jésus (1.6). Deuxièmement, Jean met en garde l’église contre les faux enseignants, qu’il faut identifier, éviter et tenir à distance.

De nombreuses épîtres du Nouveau Testament ont été rédigées, au moins en partie, pour faire face à des enseignements erronés. C’est le cas de plusieurs lettres de Paul : Galates (Ga 1.6), Colossiens (Col 2.16–23), 2 Thessaloniciens (2Th 2.1–3), et 1 Timothée (1Tm 4.1 ; 6.20–21). De même, Pierre a rédigé sa deuxième épître pour dénoncer les faux enseignants (2P 2.1–22), tout comme Jude (Jd 1.3–4). Les lettres de Jean ont, elles aussi, été écrites en réponse aux effets destructeurs de certains enseignements, comme le gnosticisme ou le docétisme, qui perturbaient plusieurs des premières églises.