1 Thessaloniciens Introduction approfondie

Récemment convertie au christianisme, l’Église de Thessalonique n’avait pas une compréhension totale de la foi et souffrait d’une grave persécution. Les croyants naissants pouvaient-ils résister au climat social antagoniste ? La première lettre aux Thessaloniciens nous rappelle que des dirigeants fidèles, un bon enseignement et l’obéissance aident les croyants à rester fermes dans leur foi. La lettre présente clairement la vision de Paul selon laquelle Dieu est puissamment actif dans la vie de ceux qu’il a appelés par la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Contexte

Thessalonique, une grande ville de Macédoine, bénéficiait de la bienveillance de Rome et des citoyens romains qui s’y étaient installés. La ville n’était pas soumise à l’imposition romaine, pouvait frapper sa propre monnaie et n’était pas obligée de loger des troupes romaines à l’intérieur de ses murs. Elle prospérait en tant que centre politique et commercial dont l’influence s’étendait à travers la province de Macédoine et au-delà.

La population mixte de Thessalonique comprenait des Macédoniens, des Romains, des Juifs et d’autres peuples qui y passaient. De nombreux Romains qui s’y sont installés sont devenus de riches bienfaiteurs de la ville. La population juive était suffisamment importante pour avoir une synagogue (Ac 17.1).

Luc a rapporté l’évangélisation de Thessalonique aux versets Ac 17.1–9. Lorsque Paul a prêché dans la synagogue, certains Juifs se sont convertis au Christ. La plupart des convertis de Thessalonique étaient cependant des Gentils qui avaient abandonné l’idolâtrie pour suivre le Christ (1Th 1.9).

Les Juifs qui n’ont pas accepté la Bonne Nouvelle ont déclenché une émeute contre les apôtres et ont accusé Paul et Silas de causer des troubles à l’ordre public (Ac 17.4–7). Cette accusation était destinée à susciter un maximum d’opposition en profitant de l’intolérance des Romains à l’égard de l’agitation sociale. En conséquence, Paul et ses compagnons ont été contraints de quitter la ville peu de temps après.

Paul quitte une Église qui est très jeune dans la foi et subit déjà des persécutions (1Th 1.6 ; 2.14 ; 3.3–4). Les chrétiens de Thessalonique n’ont pas reçu tout l’enseignement dont ils ont besoin et ne peuvent pas non plus compter sur une direction expérimentée pour superviser l’Église. Tandis que Paul se rend à Bérée, Athènes et enfin à Corinthe (Ac 17.10–18.1), il est profondément préoccupé par le bien-être de l’Église thessalonicienne. Ses tentatives répétées pour retourner dans la ville ont été bloquées par des circonstances graves qu’il a attribuées à Satan (1Th 2.17–18).

À Athènes, Paul ne peut plus supporter son inquiétude au sujet de l’Église. Il renvoie Timothée à Thessalonique pour conforter les croyants et s’assurer qu’ils n’ont pas abandonné leur foi (3.1–2, 3.5). Pendant que Paul est à Corinthe, Timothée revient de Thessalonique avec la bonne nouvelle que les croyants thessaloniciens ont persévéré dans la foi et l’amour et qu’ils tiennent bon malgré l’opposition qu’ils rencontrent (3.6–8). La première lettre aux Thessaloniciens déborde de la joie que Paul a ressentie à cette nouvelle. Elle exprime la reconnaissance qu’il ressent envers Dieu face au fait qu’ils soient restés fidèles et il prie pour pouvoir revenir les voir et les établir plus pleinement dans la foi (3.9–11).

Résumé

La première lettre aux Thessaloniciens est pleine de remerciements à Dieu pour la foi, l’amour et l’espérance de la jeune Église thessalonicienne (1.2–3 ; 2.13 ; 3.9). Cependant, Paul exprime également certaines de ses préoccupations. Dans le monde antique, il y avait de nombreux orateurs itinérants qui ne cherchaient que l’argent et la gloire. Aux versets 2.1–3.13, Paul défend ses motivations et son ministère : il n’est pas venu chercher la gloire ou la fortune, mais il se soucie sincèrement des croyants thessaloniciens. Il souhaite ardemment voir l’église et a essayé sans succès de « revenir » (2.17–20). Paul démontre l’attention qu’il a pour eux en leur rappelant qu’il a envoyé Timothée pour les soutenir et s’informer de leur bien-être (3.1–5). Paul raconte combien il a été grandement réconforté par le rapport que lui a fait Timothée (3.6–8), et il fait part à l’Église de la reconnaissance qu’il ressent envers Dieu à leur sujet et de sa prière pour les revoir (3.9–13).

Certains membres de la congrégation ont ignoré l’enseignement de Paul sur la moralité sexuelle. En réponse, Paul souligne que Dieu veut qu’ils soient saints (4.1–8). De plus, certains individus au sein de l’Église refusent de travailler, et ignorent à cet égard l’enseignement et l’exemple des apôtres (4.11–12 ; 5.14 ; voir 2Th 3.6–15).

Les Thessaloniciens avaient également quelques questions à poser à Paul. Tout d’abord, qu’arrive-t-il aux croyants qui meurent avant le retour du Christ ? Paul répond que ces personnes seront les premières à ressusciter d’entre les morts et qu’elles seront enlevées avec les vivants pour rencontrer le Seigneur au moment de son apparition (1Th 4.13–18). Ensuite, quand le Christ reviendra-t-il et apportera-t-il l’ultime accomplissement ? Paul répond que ce jour viendra à l’improviste, comme un voleur dans la nuit (5.1–11), ils doivent donc se préparer en vivant dans la foi, l’amour et l’espérance.

La lettre se termine par plusieurs exhortations à vivre une vie qui plaît à Dieu. Paul rappelle à l’Église d’honorer ses nouveaux dirigeants (5.12–13). En outre, Paul indique aux Thessaloniciens qu’ils ne doivent pas rejeter les prophéties, mais les examiner (5.19–22). La lettre se conclut par une bénédiction qui exprime la confiance absolue de Paul dans la fidélité de Dieu et son œuvre dans leurs vies (5.23–24).

Auteur

Les noms de Silas et Timothée, cofondateurs de l’Église de Thessalonique, sont mentionnés au verset 1.1 aux côtés du nom de Paul. La lettre est principalement rédigée à la première personne du pluriel (« nous »), ce qui indique que Silas et Timothée ont peut-être réellement participé à la composition de la lettre. Paul ne s’exprime à titre individuel que de temps à autre pour exprimer ses propres préoccupations (2.18 ; 3.5 ; 5.27). L’écriture de lettres à plusieurs était répandue dans le monde antique. Par exemple, dans sa lettre Ad Atticum, Cicéron parle de « lettres, aussi bien celles que tu as écrites avec d’autres que celles que tu as écrites en ton nom propre ». Cependant, l’exhortation finale du verset 5.27 suggère que Paul a joué un rôle majeur dans la rédaction, quel que soit le rôle de ses compagnons.

Date et circonstances de la rédaction

Paul a écrit cette lettre depuis Corinthe lors de son deuxième voyage missionnaire (Ac 15.36–18.22) après le retour de Timothée de sa visite à l’église de Thessalonique (1Th 3.6 ; Ac 18.5). Gallion a été nommé proconsul de la province romaine d’Achaïe en 51 ap. J.‑C., pendant le séjour de Paul à Corinthe (Ac 18.11–12). Par conséquent, Paul a probablement écrit cette lettre vers la fin de l’an 50 ap. J.‑C. La première lettre aux Thessaloniciens est l’une des premières épîtres de Paul, précédée seulement par Galates.

Signification et message

La première lettre aux Thessaloniciens donne un aperçu de la vie et des luttes d’une nouvelle congrégation de croyants. Ces nouveaux convertis étaient très désavantagés par le fait que les fondateurs de leur Église n’étaient présents que depuis peu de temps. Les nouveaux croyants étaient en butte à une grande hostilité de la part de leurs propres compatriotes en raison de leur foi (1.6 ; 2.14 ; 3.3–4). Paul pensait qu’ils étaient attaqués par Satan, le tentateur (3.5), qui l’avait également empêché de leur rendre visite à nouveau (2.18). Lorsque Timothée est revenu de sa visite, Paul était ravi de découvrir que les Thessaloniciens manifestaient le caractère de personnes véritablement converties au Christ. Leurs vies étaient marquées par la foi, l’amour et l’espérance (1.3 ; 3.6 ; 5.8). Ils ont même contribué à répandre la Bonne Nouvelle dans les régions environnantes (1.8) et sont devenus pour les autres croyants des exemples de vraie foi au milieu de la souffrance (1.6–7).

Qu’est-ce qui a permis aux Thessaloniciens de rester fermes dans la foi face à une grande adversité ? Certains pourraient attribuer une telle persévérance à une simple détermination, une bonne éducation ou simplement à une « foi aveugle ». Mais Paul souligne que les croyants sont choisis par Dieu (1.4) et que la Bonne Nouvelle est le message divin et le témoignage de la puissance de Dieu (1.5). Lorsque les gens reçoivent ce message, il continue à agir puissamment en eux (2.13). Une conversion authentique signifie se tourner vers le vrai Dieu dans la repentance et le servir en attendant le retour de son Fils du ciel (1.9–10). Bien que les chrétiens de Thessalonique aient été jeunes dans la foi, séparés des fondateurs de leur Église, et qu’ils aient souffert pour leur conversion au Christ, Dieu était à l’œuvre en eux. Cette force de la foi est l’œuvre du Christ (3.8, 13).

Pourtant, ces nouveaux chrétiens avaient besoin de développer leur caractère moral et leur compréhension de la théologie. Paul avait mis en garde les Thessaloniciens contre l’immoralité sexuelle, mais certains ont rejeté son enseignement (4.3–8). Ils ne comprenaient pas non plus que leur croyance en la résurrection du Christ était leur source d’espoir face à la dure réalité de la mort (4.13–18). Ils ne savaient pas quand le Christ reviendrait (5.1–11). Certains dans l’Église ne tenaient pas compte de l’enseignement de Paul sur le travail (4.11 ; 5.14), et d’autres ne respectaient pas correctement les nouveaux dirigeants de l’Église (5.12–13). Enfin, certains Thessaloniciens réprimaient la prophétie dans l’Église (5.19–22).

Bien qu’être corrigé puisse sembler déplaisant, nous en avons besoin pour grandir moralement et théologiquement. Paul, en tant que pasteur avisé, écrit cette lettre pour aider les croyants thessaloniciens à résoudre ces problèmes. Il espère que cette lettre traitera de ces problèmes jusqu’à ce qu’il soit en mesure de rentrer au pays (3.10). En fin de compte, chaque dirigeant doit confier les croyants à l’œuvre de Dieu dans leur vie (5.23), car il est fidèle (5.24).